vendredi 1 mai 2015

Yi qi: Un dinosaure aux ailes de chauve-souris?

La paléontologie nous a déjà gratifié de nombreuses surprises, et les dinosaures n'ont pas été en reste. Cependant dans le registre du bizarre et de l'inattendu le dernier venu, ayant fait l'objet d'une publication dans la prestigieuse revue « Nature » [1], crève littéralement le plafond! Trêve d'introduction pompeuse, Mesdames et Messieurs je vous présente Yi qi.

Image 1. Reconstitution artistique de Yi qi. Notez que la disposition exacte de la membrane demeure cependant incertaine (voir Image 3).

Que dire? Premièrement bien que le nom binomial attribué à ce spécimen soit en mandarin (Yi = aile et qi = étrange), il est, une fois n'est pas coutume, très facile à retenir et à écrire. Et cela en plus de parfaitement correspondre au spécimen ainsi nommé, c'est le moins que l'on puisse dire! Pour le reste observez le fossile en question (cliquez sur l'image pour agrandir).

Image 2. Fossile du spécimen nommé Yi qi, notez la magnifique conservation des plumes.

Magnifique n'est-il pas? Franchement qu'avons nous de plus étrange à ce jour qu'un dinosaure à plumes doté d'une tige osseuse semblable à celle des ailes des chauves souris, des ptérosaures et même à celles des membres antérieurs d'écureuils volants tels que Petaurista leucogenys? Car oui comme le montre le diagramme ci-dessous, cet étrange dinosaure devait disposer d'une membrane semblable aux animaux susmentionnés. Bref Yi qi, était un dinosaure à plumes ne volant (ou planant), non pas grâce ses dites plumes, mais bel et bien grâce à des membranes semblables à celles de nos chauves-souris!



Image 3. a, b et c: Trois possibles dispositions de la tige osseuse et de la membrane que devait soutenir cette dernière. d: Aile de chauve-souris. e: Aile d'oiseau. f: Aile de ptérosaure. g: Membrane de l'écureuil volant Petaurista leucogenys.


À partir de là il n'y a pas grand chose à ajouter, si ce n'est que, comme le montre les schémas ci-dessus, la disposition de la tige osseuse et de la membrane que devait soutenir cette dernière, demeurent incertaines. Donc prudence sur la disposition de la membrane. Enfin notons que Yi ki a été classé non sans raison dans le clade des Scansoriopterygidae (Image 4), clade comprenant déjà le très original Epidexipteryx hui.


Image 4. Phylogénie simplifiée des Coelurosauria et plus exactement de Paraves, montrant la position phylogénétique attribué à Yi qi au sein de ce clade. Notons que cette phylogénie est toujours susceptibles de possibles modifications.


Dernière remarque, hormis d'être à ce jour le seul dinosaure connu à disposer de pareilles tiges osseuses, il est peu probable qu'il s'agisse d'un ancêtre des oiseaux. En revanche ce dinosaure atypique montre que les Maniraptoriens ont expérimenté différentes évolutions pour un mode de déplacement similaire, à savoir le vol, ou tout du moins le vol plané. Alors que certains tels que Archaeoptéryx, Microraptor gui puis les oiseaux à proprement parler, développèrent des rémiges élaborés ; d'autres Maniraptoriens développèrent des membranes (soutenues entre autre par une tige osseuse ou cartilagineuse) semblables à celles des Chauves-souris et des Ptérosaures!

Décidément les dinosaures n'ont pas fini de nous surprendre!

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