vendredi 22 avril 2011

L’évolution limitée du créationniste Michael Behe


Michael Behe est un des avocats les plus «prestigieux» du «Discovery Institute» l’organisation créationniste qui s’adonne à la promotion du créationnisme connu sous le nom de «Dessein Intelligent». Michael Behe est en effet un Biochimiste très habile pour tenir un discours aux allures scientifique et est donc souvent en tête de ligne pour amener des «arguments» sensés montrer que l’évolution ne peut pas expliquer la complexité du vivant et que donc Dieu un Concepteur Intelligent est à l’origine de celle-ci…..

Michael Behe est loin d’être aussi con qu’un Casey Luskin, et contrairement à ce dernier Michael Behe modère son créationnisme en admettant le fait que les différentes espèces sont apparentées les unes aux autres. Mieux encore contrairement à bon nombre d’autres créationnistes Michael Behe admet non seulement l’existence de mutations pouvant être bénéfiques mais mieux encore admet que certaines mutations peuvent amener à de nouvelles fonctions et pourquoi pas à de nouvelles protéines!

Mais alors me direz-vous, si Michael Behe admet toutes ces choses comment peut-il être un avocat d’un mouvement créationnistes niant que l’évolution est à l’origine de la biodiversité et de la complexité du vivant que nous connaissons aujourd’hui? Simple! Michael Behe prend soin de ne quasiment jamais directement nier les faits scientifiquement établis ou alors si il le fait c’est d’une manière très détournée et subtile (en se contentant par exemple de simples sous-entendus). Par exemple comme déjà dit Michael Behe ne va pas nier que certaines mutations peuvent générer l’apparition de nouvelles protéines et de nouvelles fonctions. En fait Michael Behe va savamment s’attaquer aux points où des inconnus ou plutôt des imprécisions subsistent. Puis une fois que notre biochimiste créationniste a mis le doigt sur les inconnus et/ou imprécisions en question, il amplifie la portée de ces dernières pour affirmer que l’évolution n’est pas formellement prouvée ou trop improbable et donc que la complexité du vivant s’expliquerait bien mieux par l’intervention de Dieu d’un Concepteur Intelligent.

Un bon exemple est la demande irréaliste que Michael Behe adresse aux biologistes pour expliquer l’évolution du système immunitaire des vertébrés. Michael Behe demandant en effet qu’on lui explique l’évolution du système immunitaire étape par étape c’est-à-dire mutation par mutation ainsi qu’en décrivant la taille des populations dans lesquels se sont produites ces mutations, les effets exactes des mutations en question au niveau du Fitness, etc, etc….. Voir le témoignage de Michael Behe au procès de Dover.

Bien évidemment Michael Behe sait que sa demande est impossible à satisfaire car l’évolution du système immunitaire des vertébrés est un événement historique lointain s’étant produit au sein de populations qui n’existent plus et dont nous ne pouvons qu’ignorer le nombre exact et tous les autres paramètres que Michael demande à avoir pour être convaincu. Ainsi même si des explications existent et démontrent comment le système immunitaire des vertébrés a pu évoluer dans les grandes lignes avec cependant quelques explications détaillées intéressantes, des inconnues subsistent. Néanmoins des prédictions et des modèles susceptibles d’être confirmés peuvent être effectués. Mais Michael Behe n’en a cure et pour ne surtout pas admettre les explications en question, il s’adonne à une demande impossible en prétendant qui plus est que cela valide son «Dessein Intelligent» qui pourtant ne propose strictement aucun modèle d’aucun mécanisme explicatif que ce soit! Cherchez l’erreur!

Il existe donc une malhonnêteté profonde dans la démarche de Michael Behe, celui-ci s’adonnant à une critique hypertrophié des connaissances acquises en biologie de l’évolution en soutenant l’idée fallacieuse voulant qu’à partir du moment que l’on n’a pas tout expliqué dans les plus infinis détails alors cela reviendrait à dire que l’on aurait rien expliqué et donc rien démontré. La meilleure résident dans le fait que le créationnisme auquel adhère Michael Behe n’amène pas l’ombre d’une explication, l’idée étant de faire croire que la biologie de l’évolution est à égalité en matière de mécanismes explicatif avec le créationnisme ce qui là encore est on ne peut pas plus faux.

Michael Behe et «la première règle de l’évolution adaptative»

Michael Behe a bien conscience qu’il ne peut se contenter d’affirmer «que si l’on ne peut pas expliquer tous les événements historiques en détails rien ne prouvent que ceux-ci ont bien eu lieu». Michael doit aller plus loin dans sa démarche visant à amener des «preuves» que l’évolution de la complexité est ne peut se faire car l’évolution aurait d’importantes limites. Pour ce faire Michael Behe affirme qu’il est statistiquement trop improbable que les populations voient évoluer un gain de complexité en leurs sein car la majorité des mutations conférant une adaptation diminuerait la complexité des organismes vivants dont sont constituées ces populations. Cette adaptation par la perte de fonctionnalité serait selon Michael Behe la forme d'évolution adaptative la plus fréquente ce que Michael Behe nomme «la première règle de l'évolution adaptative».

Michael Behe a même eu l’occasion d’expliquer en détails son «argument» dans un papier qui fut publiée par le journal scientifique nommé The Quaterly Review of Biology. Dans ce papier Michael Behe affirme que les populations d’organismes notamment de bactéries, s’adaptent le plus souvent aux changements environnementaux par la fixation de mutations supprimant certaines fonctions. Par exemple Michael Behe soulignant que les expériences en laboratoire consistant à observer des bactéries évoluées sur plusieurs générations, montrent que celles-ci s’adaptent à leur milieux en diminuant l’activité de certaines enzymes, voir mêmes en perdant certaines enzymes voir mêmes certains gènes. Michael parle de perte d’éléments codant fonctionnels (FCTs pour Functional Coding ElemenTs) pour décrire les fonctions enzymatiques, et donc de Loss-of-FCT, pour décrire les mutations induisant une perte et/ou une diminution d’activité enzymatiques et de gain-of-FCT pour décrire les mutations où celles-ci augmentent en fonctionnalité.

Cependant Michael Behe a bien conscience du fait que sa présente argumentation comporte une faiblesse. En effet les souches bactériennes dont les chercheurs observent l’évolution en laboratoire, évoluent dans des environnements relativement stables par apports aux conditions que rencontrent les bactéries en milieu naturel. Or il s’avèrent qu’un environnement stable favorise les adaptations par la perte de certaines fonctions tandis que les environnements s’opposent aux pertes en question.

Face cette faiblesse évidente de son «argumentation» Michael Behe se contente d’affirmer qu’il est probable que les adaptations ayant cours dans la nature se fassent également en majorité par la perte de certaines fonctions, le tout justifier par deux ou trois exemples telle que la résistance au paludisme qu’ont développé certaines populations humaines et impliquant dans la majorité des cas (mais pas dans tous) ce que Michael Behe appelle une perte de fonction.

Cependant aillant conscience de la limite de son argumentation en matière d’évolution sur le long terme, Michael Behe prend soin de conclure son papier en affirmant que certes le mode d’évolution à court terme consistant majoritairement en des pertes de fonction peut avoir une influence non-négligeable sur l’évolution à long terme, mais que sur le long terme de nombreuses mutations ajoutant de nouvelles fonctionnalités ont pu se produire.

Ainsi dans la publication en question Michael Behe prend soin de ne pas affirmer que son «argumentation» réfute le fait que la complexité du vivant ait pu se produire par les divers mécanismes évolutifs connus. Et pour cause il ne peut objectivement pas affirmer avoir prouvé que c’est impossible et encore moins avoir d'avoir réfuté les divers éléments prouvant que cette évolution a eu lieu. Cependant l’organisation créationniste à laquelle Michael Behe appartient cite en grande pompe l’étude de Michael Behe comme réfutation de la Macroevolution, et encore une fois c’est à Casey Luskin que nous devons cette interprétation amusante du papier de Michael Behe via une analogie des plus grotesques.

Considérons un ordre hypothétique d'insectes - appelons-les Molecularevolutionoptera. Maintenant, imaginons que les scientifiques de découvrent qu’il existe 1 million d'espèces c de Molecularevolutionoptera, et que le taux d'extinction des espèces appartenant à cet ordre est de 1000 espèce de Molecularevolutionoptera par millénaire. D’un autre côté les scientifiques déterminent également que le taux de spéciation est de seulement 1 espèce par millénaire. Dans un tel cas, il y aura une perte nette de 999 espèces tous les 1000 ans. Mathématiquement parlant à ce rythme-là il ne devrait plus y avoir aucune espèce de, par 1.000.001 années à partir de maintenant, il devrait y avoir aucune espèce de Molecularevolutionoptera encore en vie sur la terre au bout de 1000'001 années.
Si l'article de Behe est dans le vrai, alors l'évolution moléculaire est dans le monde réel confrontée à un problème similaire. Rappelez-vous que Behe a constaté que "le taux d'apparition d'une mutation adaptative qui découleraient de la diminution ou de la suppression de l'activité d'une protéine devrait être de à 100-1000 fois le taux d'apparition d'une mutation adaptative qui exige des changements spécifiques à un gène. " Si des adaptations amenant à des pertes/modifications, de-FCT sont 100 à 1000 fois plus susceptibles d’arriver que des adaptations amenant un gain-de-FCT, la logique veut que finalement un type d’organismes évoluant ainsi se voit à terme dépourvue de FCTS à perdre ou à modifier.
En bref, le résultat logique mis en avant par Behe est que certains processus autres que la sélection naturelle et les mutations aléatoires, doivent être générateurs de nouveaux FCTS. Si l'évolution darwinienne est à l'œuvre, elle tend à supprimer les FCTS beaucoup plus vite qu'il les crée - quelque chose d'autre doit donc entrer en compte pour générer de nouveaux FCTS.
Les éléments de preuve cités par Behe ne dépeignent pas un état de fait favorable aux promoteurs de l’évolution moléculaire darwinienne.
Evolution News and Views

Il y en réalité deux choses qui sont grotesques dans les présents propos de Casey Luskin. Il y a premièrement l’analogie avec le différentiel de disparition et d’apparition de nouvelles espèces, puis il y a la non-prise en compte de la dérive génétique qui aujourd’hui est pleinement intégré à l’évolution moléculaire qui ne se limite donc pas à une version strictement «darwinienne» voulant que la sélection soit le facteur largement prépondérant dans la fixation des mutations. En réalité l’on sait aujourd’hui que l’évolution neutre est très importante et nous verrons plus bas dans le présent message, en quoi celle-ci est cruciale dans les innovations évolutives comme l’apparition de nouvelles protéines.

Mais donc comme déjà dit c’est également l’analogie à laquelle s’adonne Casey Luskin, qui est foireuse. Car avec son histoire de groupe d’espèce disparaissant plus rapidement qu’il ne donne naissance à de nouvelles espèces, Casey Luskin use d’un exemple imaginaire bien différent de la chose dont parle Michael Behe dans son papier. En effet Michael Behe parle de populations d’organisme doté de fonctions particulières, ces populations vont évoluer et se diviser en différentes sous-populations dont la plupart par adaptations à de nouveaux milieux, selon verront certaines de leurs fonctions diminuée et/ou disparaître, et seule une minorité de ces sous-populations verront apparaître de nouvelles fonctions. Mais donc Michael Behe n’affirme pas que les fonctions présentent dans les populations initiales ne persisterons pas dans certaines populations aux moins. Pour mieux comprendre observons le schéma suivant comparant l’«argumentation» de Michael Behe (à gauche) à l’analogie de Casey Luskin (à droite).

 À gauche nous un schéma simplifié mais valide du modèle adaptatif proposé par Michael Behe dans son papier. (1) Soit une population d’organisme initiale doté d’une fonction F. La population initiale se diversifie en plusieurs sous populations s’adaptant à de nouveaux milieux environnementaux (2) on constate que toutes les sous-populations se sont adapté en perdant la fonction initiale (P pour Perte), à l’exception d’une seule sous-population qui s’est adapté par un gain de fonctionnalité (G pour Gain), la fonction F inchangé elle demeurant au sein de la population initiale. Ainsi nous constatons qu’au final (3) nous avons un accroissement de la biodiversité, avec persistance d’une population disposant de la fonctionnalité F initiale, de nombreuses nouvelles populations P ayant perdu cette fonction et une nouvelle population G ayant eu un gain de fonctionnalité.
À droite nous avons l’analogie de Casey Luskin, à savoir en (1) plusieurs espèces initiales représentées ici par les lettres A, B, C, D, E, F, G, H, I, J. Puis selon le modèle proposé par Casey Luskin la quasi-totalité des espèces disparaissent (2) à l’exception d’une espèce (l’espèce J) qui donne naissance à une nouvelle espèce (espèce K). Ainsi au final (3) nous nous retrouvons avec seulement deux espèces, la biodiversité a donc diminué.

Ainsi l’analogie de Casey Luskin ne tient pas car celui-ci implique la perte de la diversité initiale chose que ne soutient nullement le modèle adaptatif proposée par Michael Behe! Notons également que l’analogie de Casey Luskin serait toujours aussi foireuse même si nous admettions le chiffre de 1000 perte de fonctions pour 1 gain de fonction!

Par ailleurs Casey Luskin (et plus généralement l’organisation créationniste à laquelle appartiennent lui et Michael Behe) semble soutenir que le papier de Michael Behe prouve l’existence d’une limite en matière d’évolution, limite qui interdirait donc la complexification du vivant et plus généralement la macroévolution. Pourquoi? Simplement parce que selon ces créationnistes, si la majorité des adaptations se font par la perte de fonctionnalité, alors la petite minorité de populations s’étant adapté par un gain de fonctionnalité ne pourront pas s’imposer face à la ribambelle de populations ayant perdu des fonctions.

Cependant là encore Michael Behe prend soin de ne pas affirmer ceci dans son papier et pour cause Michael Behe sait parfaitement que «sa première règle de l’évolution adaptative» se heurte aux contraintes que subissent les populations d’organismes sur le long terme en milieu naturelle.

À ce titre je me permet de mentionner un scientifique qui fut très influent dans la compréhension de l’évolution à savoir le regretté paléontologiste Stephen Jay Gould.

Je mentionne Stephen Jay Gould car celui-ci avait proposé un modèle macroévolutif qui rend potentiellement compatible «la première règle de l’évolution adaptative» proposée par Michael Behe et la macroévolution et la complexification du vivant.

En effet Stephen Jay Gould avait proposé un modèle hiérarchique de sélection. Ce modèle hiérarchique de sélection stipule que les populations et même les espèces peuvent être, dans une certaine mesure, être considérées comme des «individus darwiniens», c’est-à-dire être elles-mêmes être soumises à la sélection «en tant que tout». Par exemple si au sein d’une population «F», les individus porteurs de variations «P» ont, en raison des pressions sélectives locales, d’avantage de chances d’être positivement sélectionnés que les individus porteur de variations «G», alors nous aurons d’avantage de chance de voir apparaitre à terme des populations constituée d’individus porteurs de la variante «P». Mais cela ne peut être valable qu’à l’échelle locale et sur des durées de temps limitées. Car sur le long terme il est possible que la variation «P» soit moins avantagé que la variation «G». Et c’est là que va s’effectué une sélection non plus seulement sur les individus mais sur les populations (voir éventuellement sur les espèces). Sur le long terme les populations porteuses de la variation «P» vont être désavantagé en peut-être même disparaitre là où les populations porteuses de la variation «G» vont de leur côté subsisté voir même prospéré.

Concrètement cette différence entre la sélection à petite et grande échelle spatiale et temporelle, peut s’illustrer via les espèces généralistes et les espèces spécialisées. En effet la sélection naturelle peut favoriser à court terme l’adaptation de certaines populations/espèces, à des environnements très spécifiques. C’est le cas du Koala adapté à un régime alimentaire quasi-unique et spécifique à son milieu. Le problème est que sur le long terme ces espèces risquent d’être défavorisées car ces espèces sont tellement adaptées à leur milieu spécifique que tout changement environnemental modifiant celui-ci peut condamner à mort l’espèce spécialisée en question. À l’inverse les espèces généralistes ayant par exemple un régime alimentaire plus souple et varié comme c’est le cas du Raton-Laveur a d’avantage de chance de survivre à long terme car d’avantage susceptible de s’adapter à des changements environnementaux mêmes majeurs.

Or cela peut également être vrai avec la question des pertes et gains de fonctions que traite Michael Behe dans son papier. En effet les organismes perdant des fonctionnalités pour s’adapter à des contraintes environnementales locales ne risquent-ils pas d’être désavantagés sur le long terme si l’environnement venait à changer là où les organismes ayant conservé leur fonctionnalité initiale voir même eu un gain de fonctionnalité seraient positivement sélectionné sur le long terme via les changements environnementaux en question? Comme déjà mentionné précédemment cela est bel et bien le cas, les changements environnementaux limitant les pertes de fonctionnalités chez les organismes vivants. Pour mieux comprendre ce qui a été discuté ici, reprenons l’illustration précédente du modèle de Michael Behe et prolongeons-le par deux étapes supplémentaires.

À gauche le modèle adaptatif de Michael Behe à droite l’analogie qu’en a fait le créationniste Casey Luskin. Nous remarquons qu’à l’étape (3) nous n’avons chez Casey Luskin plus que deux espèces, Selon l’analogie de Casey Luskin le taux d’extinction est si supérieur au taux de spéciation que les deux dernières espèces restantes s’éteindront (4) pour donc au final ne plus laissé aucune espèce vivante (5).
Nous remarquons qu’à l’étape (3) le modèle de Michael Behe a mené à une augmentation de la biodiversité, même si la grande majorité de cette augmentation s’est faite par l’apparition de sous-population ayant perdu la fonctionnalité de la population initiale. Mais donc si ces sous-population P ayant perdu leur fonctionnalité sont défavorisé à long ou moyen terme elles risquent fort de disparaître (4). À l’inverse la population F ayant conservé la fonction initiale à plus de chance de survivre sur le long terme, il en va de même pour la population G s’étant adapté par un gain de fonctionnalité, ainsi au final si les populations P ont disparu les populations F et G ont toutes leur chance de subsister (5). Ainsi à l’inverse de l’analogie proposé par Casey Luskin la biodiversité et la complexité peut malgré tout augmenter avec le modèle adaptatif proposé par Michael Behe.

Bref ainsi contrairement à l’analogie de Casey Luskin la première règle de l’évolution adaptative proposée par Michael Behe ne s’oppose pas à la diversification et même à la complexification du vivant et cela même si, on s’en doute, Michael Behe savait que son papier allait être utilisé par l’organisation créationniste à laquelle il appartient pour soutenir une bêtise pareille.

Mais nous pouvons également mentionner une deuxième critique majeure à l’argumentation de Michael Behe. À savoir le fait que certaines mutations conférant une perte de fonctionnalité et parfois même des mutations faiblement délétères peuvent se fixer au sein de certaines populations et facilité l’apparition de nouvelles fonctions adaptative chose qu’a notamment théorisé le généticien Michael Lynch. Mais avant d’expliquer cela plus en détails il nous faut revenir sur une autre publication de Michael Behe.

Michael Behe et les «adaptations improbables»

En 2004 Michael Behe aide par un professeur de physique nommé David Snoke, publièrent un papier dans lequel, ils prétendaient démontré le caractère improbable de l’évolution de nouvelles protéines. Michael Behe réitéra cet «argument» dans un de ses livres paru en 2007 et intitulé «The Edge of Evolution».

Dans ces différents écrits Michael Behe soutient que l’évolution ne peut qu’être grandement limitée car par exemple l’évolution de nouvelles capacité, de nouvelles protéines donc de nouveaux caractères nécessiterait souvent plusieurs mutations.

En effet Michael Behe rappelle que par exemple, pour que de nouvelles fonctionnalités apparaissent, il faut souvent que plusieurs mutations spécifiques se produisent sur une séquence d’ADN particulières. Or selon Michael Behe il est extrêmement improbable que pareille fonctionnalité puissent donc évoluer. Car Michael Behe rappelle qu’il n’existe pas d’avantage sélectif tant que la séquence d’ADN concerné n’a pas acquis toutes les mutations amenant à l’apparition de la nouvelle fonction. Aussi selon Michael Behe l’évolution de fonctions demandant plusieurs mutations est tellement improbable qu’il n’y a aucune raison de penser que celle-ci ait effectivement eu lieu (voir schémas-ci-dessous). L’apparition de nouvelles fonctions devant s’expliquer par un autre phénomène que le couple mutations/sélection. Pour Michael Behe c’est autre «phénomène» serait l’intervention de Dieu d’un concepteur intelligent cela va sans dire.

 L’apparition de nouvelles fonctions à partir d’une séquence d’ADN fonctionnelle demande parfois que plusieurs modifications génétiques (mutations) aient lieu. Ainsi si l’apparition d’une nouvelle fonction nécessite cinq mutations particulières sur une séquence d’ADN donné ce qui est en soit un événement très improbable statistiquement parlant. Selon Michael Behe pour que la nouvelle fonction émerge il faudrait en effet soit que chaque mutations se produisent l’une après l’autre au fil des générations c’est-à-dire par plusieurs étapes où la séquence d’ADN n’aurait aucune fonction avec à la clef un possible désavantage sélectif des étapes intermédiaires en question (A). Soit il faudrait que les cinq mutations se produisent simultanément amenant donc à l’apparition de la nouvelle fonction ce qui est là aussi hautement improbable (B).

Bien évidemment cette «argumentation» de Michael Behe fut également critiquée et même mis à mal par un exemple contredisant son assertion selon laquelle une nouvelle fonction impliquant plusieurs mutations était un événement trop improbable pour avoir lieu. En effet des chercheurs constatèrent pareille chose au sein d’une population de plasmodiums responsables du paludisme ayant acquis une résistance aux médicaments via la fixation de plusieurs mutations spécifiques. Michael Behe aillant conscience de voir son argumentation mis à mal réitéra néanmoins cette dernière en rappelant que les plasmodiums forment des populations se reproduisant très rapidement et en très grand nombre. Michael Behe affirmant que sur les milliards de Plasmodiums il n’était pas aussi improbable de voir apparaitre plusieurs mutations simultanément, cependant selon Michael Behe cela n’est pas vrai chez les organismes multicellulaires de grandes tailles comme les vertébrés qui sont nettement moins nombreux et se reproduisent bien moins rapidement. Il est trop improbable selon Michael Behe que ces organismes aient pu donc évoluer selon des mécanismes «darwiniens».

Cependant là encore Michael Behe allait voir son «argumentation» mise à mal. Parmi les critiques en question on peut mentionner le généticien Michael Lynch qui rappela à Michael Behe que l’évolution n’est pas uniquement «darwinienne» donc qu’elle ne se limite pas au seul couple mutations/sélections mais qu’il existe un facteur très important dans l’évolution de nouvelles adaptations à savoir la dérive génétique. Il paraît de prime abord surprenant de mentionner la dérive génétique pour expliquer l’apparition de nouvelles adaptations tant celle-ci renvoie à juste titre à une évolution que l’on qualifierait de non-adaptative. Oui mais non nous dit Michael Lynch. En effet Michael Lynch rappelle que la dérive génétique mène à la fixation de nombreuses mutations qui n’ont soient aucun effet sur les organismes en question ou alors même à la fixation de mutations faiblement délétères mais parvenant donc malgré tout à se fixer au sein de certaines populations voir même chez certaines espèces.

Ainsi le généticien Michael Lynch a rédigé une critique détaillée du papier que Michael Behe avait rédigé avec David Snoke, Michael Lynch rappelant que Michael Behe ne prend pas en compte comme il se doit la dérive génétique. Michael Lynch rappelant que de nombreuses mutations peuvent se fixer au cours des générations au sein des populations d’organismes. Ces mutations pouvant pour certaines constitué les fameuses étapes intermédiaires susceptibles de mener parfois à l’apparition de nouvelles fonctions (voir schéma précédent). Michael Lynch rappelant donc à juste titre que ces nombreuses mutations qui se fixe par la simple dérive génétique sont souvent neutre sur le plan sélectif.

Michael Behe et David Snoke répondirent aux critiques de Michael Lynch en affirmant que celles-ci n’étaient pas valides notamment parce que leur «argumentation» (celle de Michael Behe et David Snoke) partait du postulat que les étapes intermédiaire étaient délétères et donc ne pouvaient perdurer au sein des populations car éliminer par la sélection naturelle. Mais donc de par leur réponse à Michael Lynch, Behe et Snoke confirment la pertinence de la critique faite par Michael Lynch, car contrairement à leur postulat de départ de nombreuses mutations sont neutres sur le plan sélectif et se fixe au sein des populations les faisant divergées les unes des autres au fil des générations. Mieux Michael Behe peut même constater que des mutations rendant des gènes inactifs peuvent se fixer au sein des populations d’organismes multicellulaires complexes. Michael Behe l’admet lui-même dans son livre «The Edge of Evolution» où il cite lui-même l’exemple du pseudogène nommé GULOP, ce pseudogène est issu d’un gène fonctionnel nommé GULO et qui permet aux organismes qui en sont pourvu de synthétiser eux-même leur vitamine C. Or le gène GULO a muté et a donc été rendu inactif chez de nombreux des primates (dont nous-mêmes) et qui fait que contrairement à la majorité des mammifères nous sommes obligés de nous procurer la vitamine C par notre alimentation. Cela prouve que la dérive génétique ou encore ce qu’on appelle également l’évolution neutre, peut mener à la fixation de nombreuses mutations neutres sur le plan sélectif voir même faiblement délétères car menant à la perte de certaines fonctions pourtant utiles. Cela allant dans le sens de l’argumentation du généticien Michael Lynch et aillant été confirmé par d’autres études notamment une étude suggérant que certaines adaptations peuvent passer par des stades intermédiaires où les organismes seraient porteurs de variations génétiques délétères conférant parfois un pont potentiel pouvant mener à des innovations adaptatives.

Mais malgré ces différentes explications contredisant son idée d’évolution intrinsèquement limité, en bon représentant de l’organisation créationniste nommée «Discovery Institute» Michael Behe refuse bien évidemment d’admettre que son argumentation est d’une grande faiblesse et même dans une certaine mesure fallacieuse. En effet dans un article qu’il a rédigé sur l’un des sites de propagande du «Discovery Institute», Michael Behe mentionne deux choses concernant l’évolution des populations d’analysé dans l’expérience de Lenski. Premièrement Par exemple Michael Behe affirme que l’étude de Joseph Thorton ou encore celle de Richard Lenski, confortent son idée de macroévolution grandement limitée car les deux études en question démontrent comment une nouvelle protéine et/ou adaptation nécessite parfois la fixation préalable de plusieurs mutations neutres et/ou faiblement délétères sur le plan sélectifs. Bref Michael Behe se réfère des études ayant montré l’existence de contraintes dans l’évolution des organismes, cela confortant ce même Michael Behe a affirmé que cela va dans le sens d’une évolution limitée.

Le problème étant ici que Michael Behe ne voit que des contraintes là où il existe également des opportunité puisque donc si il faut que plusieurs mutations neutres aient lieu pour l’apparition de certaines adaptations cela est donc bel et bien observé par le dénommé Richard Lenski que Michael Behe cite lui-même. En effet Richard Lenski a constaté qu’une lignée de bactéries nommées Escherichia coli, a acquis une variation bénéfique sur un gène nommé rpoB et qu’une autre lignée ne l’a pas acquise quand bien même aillant évolué dans un milieu similaire. Richard Lenski ayant mis en avant que si la deuxième lignée n’a pas pu acquérir cette variation c’est parce qu’elle n’avait pas au préalable vu se fixer une mutation neutre particulière. Michael Behe déduit que cela prouve que l’évolution est limité alors qu’en réalité cela prouve simplement l’existence de contraintes évolutives particulières, car ce n’est pas parce qu’une lignée n’a pas acquis la variation bénéfique sur le gène rpoB que la lignée en question n’a pas évolué et/ou ne peut pas évolué. Cela ne peut d’ailleurs non plus pas être invoqué comme impossibilité de l’évolution de variations bénéfiques demandant plusieurs mutations dans la nature. Mais donc pour valider son idée d’évolution limité Michael Behe ressort le fait majorité des mutations adaptatives de l’expérience de Richard Lenski, correspondent à des pertes de fonctionnalités, or là encore comme cela a déjà été expliqué plus haut cela ne constitue pas une réfutation de la complexification des organismes vivant dans la nature.

Aussi Michael Behe baratine mais ne justifie jamais son idée via des éléments concrets (comme par exemple une population d’organismes qui n’évolueraient plus car ayant atteint la limite imaginaire que Michael Behe semble promouvoir) pire il n’intègre pas à son raisonnement des élément importants à commencer par le fait que dans la nature les populations organismes voient s’accumuler dans leur génome de nombreuses mutations neutres voir même faiblement délétères représentant autant de conditions préalables potentielles à l’apparition d’adaptations complexes.

Il y a d’ailleurs une réflexion personnelle que je tiens à ajouter et qui constitue selon moi une faiblesse majeure de l’argumentation de Michael Behe est de n’avoir jamais pu montrer l’existence de la moindre limite en matière d’évolution. En effet lorsqu’une population d’organisme se divise en deux populations, celles-ci divergent évoluant chacun de son côté en accumulant diverses mutations pour la plupart neutre et se fixant au gré de la dérive génétique. C’est quelque chose d’indéniable. Michael Behe doit le savoir, or si les mutations continuent à s’accumuler nous atteindrons irrémédiablement un degré de divergence génétique correspondant à celui qui sépare l’homme du chimpanzé et d’avantage au fil des dizaines de millions d’années.

Notons également que contrairement à Casey Luskin il semble bel et bien que Michael Behe admette que l’homme et le chimpanzé soient apparentés c’est-à-dire qu’ils partagent un ancêtre commun. Nous savons que nous partageons plus de 98% de notre ADN avec le chimpanzé (environ 96% si l’on considère comme les différences dans le nombre séquences dupliquées mais donc nous parlons de séquences identiques donc 98,5% reste un chiffre valide). Michael Behe ne nie donc pas qu’une population ancestrale a divergé en deux sous-populations l’une ayant mené au Chimpanzé et au Bonobo, l’autre ayant mené à l’espèce humaine ainsi qu’au diverses espèces d’hominidés aujourd’hui disparues.

                     
Michael Behe admet que l’homme et le chimpanzé partagent un ancêtre commun. D’autre part Michael Behe n’a jamais nié et/ou démontré que deux populations séparé l’une de l’autre pendant des millions d’années ne vont pas accumuler chacun de nouveaux variant génétiques aboutissant à une séparation similaire à celle que l’on observe chez les deux espèces ci-dessus et plus encore si la divergence se poursuit pendant des dizaines de millions d’années. Mais donc si pareille divergence génétique dont les effets peuvent donc de toute évidence être important sur la biologie des espèces (la majorité de protéines du chimpanzé et de l’homme diffèrent sensiblement) et que Michael Behe ne nie pas et/ou n’apporte aucun élément réfutant les multiples élément avérant pareille divergence entre deux populations séparée pendant plusieurs millions d’années, alors c’est que Michael Behe a bel et bien échoué à amener le moindre élément réfutant la macroévolution.

Michael Behe admet également que sur une période comprise entre 5 et 10 millions d’années de nombreuses mutations aient pu se fixer et jamais il n’a prétendu que pareille lapse de temps n’est pas suffisant pour voir apparaitre la divergence génétique que nous constatons entre l’homme et le chimpanzé. Michael Behe ne peut non plus pas nier que chaque nouveau-né humain est porteurs de plusieurs dizaines de mutations et peut-être même entre 150 et 175 nouvelles mutations, et que donc les populations aient ainsi pu divergé. Michael Behe ne peut non plus pas nier le fait que si les protéines présentes chez le chimpanzé et l’humain sont très similaires elles présentent néanmoins pour la grande majorité de menus différences non sans conséquence sur la biologie des deux espèces concernées. Enfin Michael Behe n’a jamais pu et ne peut démontrer que le paquet de variations génétiques différenciant l’homme du chimpanzé soit apparu autrement que par les mécanismes aillant cours en génétique des populations. Michael Behe nous propose-t-il une méthodologie pour nous montrer en quoi au moins certaines des divergences génétiques entre l’homme et le chimpanzé n’ont pas pu apparaitre et se fixer par mutation + sélection + dérive génétique? Comment Michael Behe peut-il affirmer que cela n’aurait pas pu se faire selon ces mécanisme alors que les divergence génétiques entre populations se font selon ces mécanismes observé et que mieux encore ces mécanismes sont également responsable des divergences protéiques existant entre les différentes populations/individus humains eux-mêmes?

Si Michael Behe n’a aucune élément réfutant le fait observé voulant que deux populations séparées l’une de l’autre vont divergé en accumulant au fil du temps de nouvelles variations chacune de leur côté et si il admet que des mutations neutres peuvent se fixer et se fixent continuellement au fil du temps et que parfois même des mutations faiblement délétères peuvent se fixer, alors ce même Michael Behe n’a amener aucun argument probant de l’existence d’une limite à l’évolution ou encore de l’impossibilité de la complexification du vivant.

L’idée centrale de Michael Behe selon laquelle l’évolution serait limitée ne se base donc sur rien de concret si ce n’est une mauvaise compréhension probablement volontaire, des mécanismes ayant cour en génétique des populations ainsi que sur une habile gymnastique rhétorique.

Références:

Michael Behe (2010), Experimental Evolution, Loss-of-Function Mutations, and “The First Rule of Adaptive Evolution, The Quarterly Review of Biology

Stephen Jay Gould (2002), La structure de la théorie de l’évolution, Éditions Gallimard 2006

Michael Lynch (2010), Scaling expectations for the time to establishment of complex adaptations, Proceedings of the National Academy of Sciences

Michael J. Behe and David W. Snoke (2004), Simulating evolution by gene duplication of protein features that require multiple amino acid residues, Protein Science

Orkun S. Soyer and Thomas Pfeiffer, Evolution under Fluctuating Environments Explains Observed Robustness in Metabolic Networks, PLoS ONE

Michael Lynch (2005), Simple evolutionary pathways to complex proteins, Protein Science

Michael J. Behe and David W. Snoke (2005), A response to Michael Lynch, Protein Science

Nanhua Chen and al (2003), pfcrt Allelic Types with Two Novel Amino Acid Mutations in Chloroquine-Resistant Plasmodium falciparum Isolates from the Philippines, Antimicrobial Agents and Chemotherapy

Joseph W. Thornton and al (2009), An epistatic ratchet constrains the direction of glucocorticoid receptor evolution, Nature

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jeudi 10 mars 2011

Évolution des Oiseaux versus Dessein Intelligent (2ème partie)

Dans mon précédent message j'avais abordé la question des assertions créationnistes sur la thématique précise de l'origine des oiseaux et plus précisément les assertion d'un créationniste nommé Jonathan Wells membre du Discovery Institute une organisation créationniste faisant la promotion en grande pompe du Dessein Intelligent.

Dans le présent message j'aborde là encore la même problématique en revenant cette fois-ci en détail ssur les assertions d'un dénommé Casey Luskin.

Casey Luskin tout comme Jonathan Wells est membre du Discovery Institute, c'est même un membre très actif de cette organisation puisque passe énormément de temps à rédiger des textes vantant le Dessein Intelligent et senser mettre à mal l'évolution qui ne serait selon lui, absolument pas un fait pleinement démontré.

Casey Luskin est un membre actif de l'organisation créationniste nommé Discovery Institute. En tant que défenseur du courant créationniste nommé «dessein intelligent» rien de surprenant que ces assertions sur l'origine évolutives des oiseaux, soient au mieux à côté de la plaque au pire complètement stupides.

Les prétendues réfutations de l'évolution auxquelles s'adonne Casey Luskin passe notamment par une sorte d'hypercritique de multiples éléments, théories, hypothèses tournant autour de la biologie de l'évolution, y compris donc les reconstructions phylogénétique et la détermination des liens de parenté. Pour Casey Luskin toutes les espèces ne sont pas apparentées, Casey Luskin défendant par exemple la thèse selon laquelle l'homme aurait été créé indépendamment des autres primates et que les oiseaux eux aussi auraient été créé indépendamment des autres dinosaures théropodes.

Pour cela Casey Luskin se fait le porte voix des BANDits (Birds Are Not Dinosaurs) et saute sur n'importe quel critique de l'origine-dinosaurienne des oiseaux. L’objectif de Casey Luskin est de prétendre que la majorité des scientifiques travaillant sur l’origine évolutive des oiseaux se trompent totalement, et pire encore qu’ils ignorent les données réels qui contrediraient leur thèse à savoir l’origine dinosaurienne des oiseaux. Le but de Casey Luskin étant de dépeindre l’origine dinosaurienne des oiseaux comme étant un dogme évolutionniste sérieusement mis à mal et par extension dépeindre l’évolution des oiseaux comme n’ayant aucune preuve probante à son actif dans le registre fossile.

Le problème est qu’en prenant parti pour les BANDits Casey Luskin se retrouve avec les mêmes contradictions que ces derniers. Mais peu importe en bon créationniste Casey Luskin ignore les faiblesses et contradictions de la position qu'il endorse. Dans le présent message je reviens en détail sur ces dernières afin de montrer en quoi les objections que Casey Luskin adresse à l'origine dinosaurienne des oiseaux ne tiennent pas.

1. Casey Luskin versus dinosaures à plumes 

Dans un des multiples textes idiots qu'il a rédigé, Casey Luskin cite une étude de John Ruben portant sur Caudipteryx, étude qui a déjà été mentionnée dans la troisième partie de la série consacré à la soit disant controverse sur l’origine des oiseaux.

Pour les BANDits Caudipteryx serait en effet un oiseau primitif ayant perdu la capacité à voler au cours de son évolution, un peu à la manière de l’Autruche. Pour ce faire le BANDit John Ruben publia un étude dans la prestigieuse revue Nature sensée démontrer cette thèse.

Pour rappelle dans cette étude John Ruben soutenait que d’après son squelette Caudipteryx devait avoir un barycentre similaire à celui des oiseaux modernes tandis que le centre de gravité des dinosaures théropodes comme Deinonychus devait être situé plus à l’arrière du corps (voir image ci-dessous). À partir de cela John Ruben conclut que Caudipteryx ne serait pas un dinosaure théropode non-avien mais réellement un oiseau primitif ayant perdu la capacité à voler.

Schéma illustrant la différence en matière de barycentre chez le dinosaure théropode Deinonychus (en haut) et chez Caudipteryx (en bas). Le barycentre de chacun des deux dinosaures théropodes, est marqué par une croix.

Ainsi en se référant cette étude John Ruben et les autres BANDits continuèrent à affirmer qu’il n’y a pas de preuve définitive quand à l’existence de plumes chez des dinosaures théropodes non-aviens.

Casey Luskin cherche donc à récupérer cette «démonstration» de John Ruben en la présentant lui-même comme la preuve de l’absence de dinosaures non-aviens à plumes dans le registre fossile.

Mais dans son article sur le site de propagande créationniste du Discovery Institute, Casey Luskin, prend soin d’ignorer totalement l’existence de Dromaeosauridés à plumes, Dromaeosauridés à plumes rendant sa «démonstration» caduque!

En effet John Ruben tenta de prouver que Caudipteryx était un oiseau en montrant que ce dernier possédait un barycentre différent des dinosaures théropodes non-aviens tel que le Dromaeosauridés Deinonychus or durant les dix dernières années de nombreux Dromaeosauridés à plumes furent retrouvés. En fait tout laisse à penser que même Deinonychus possédait lui aussi des plumes.


Casey Luskin cite une étude où il est affirmé que Caudipteryx serait un oiseaux non-volant à l’inverse des «vrais» dinosaures théropodes comme les Dromaeosauridés, Casey Luskin affirmant ainsi que cela met un doute sur l’existence de dinosaures à plumes. Cependant Casey Luskin ne mentionne pas le fait que de nombreux Dromaeosauridés  à plumes (ci-dessus fossile et reconstitution du Dromaeosauridé Microraptor gui) ont été découvert depuis la publication de John Ruben à laquelle il se réfère,.Bref Casey Luskin passe totalement à côté du fait que l’étude à laquelle il se réfère ne met absolument pas en doute l’existence de dinosaures à plumes.

Ainsi donc l’étude de John Ruben à laquelle se réfère Casey Luskin comme démonstration de l’inexistence de dinosaures à plumes ne tient absolument pas. Mais Casey Luskin ne prend bien évidemment pas le soin de confronter son «argumentation» aux faits démolissant celle-ci.


2. Casey Luskin versus Archaeopteryx

Casey Luskin ne voit pas les contradictions avec lesquelles il se retrouve en raison de son adhérence aux écrits de John Ruben.

Mais Casey Luskin fait plus fort encore en se contredisant complètement lui-même.

En effet tout comme Jonathan Wells Casey Luskin affirme que Archaeoptéryx n’est pas une forme de transition malgré la mosaïque de caractères qu’il représente. En fait dans un texte datant du 18 février 2009 Casey Luskin affirme que Archaeoptéryx est un véritable oiseau.

Bien qu'il n'y ait aucun doute que Archaeopteryx représente une espèce d'oiseau avec une mosaïque de certains caractères reptiliens et de nombreux traits aviens, ces observations ne sont pas le soutien d'une transition à moins que le fossile s’accorde à une image cohérente de l'évolution.
Archaeopteryx était un véritable oiseau, capable de voler, mais d’où vienait-il? Les dinosaures théropodes, à partir desquels Archaeopteryx, est sensé descendre, ont vécu au moins 20 millions d'années après Archaeopteryx (voir Nature, vol 400:58 - 61. (Le 1 Juillet , 1999)). Cela nous laisse avec une situation frappante: Archaeopteryx, un véritable oiseau, n'a pas de vrais candidats parmi les ancêtres fossiles. Étant donné que l'Archéoptéryx est un véritable oiseau à partir de quoi les oiseaux ont-ils évolué?
Evolution News and News
On Remarque ici que Casey Luskin resort les sophismes les plus flagrant s tel que celui du paradoxe temporel déjà utilisé par Jonathan Wells.

Mais donc «l’argument» centrale de Casey Luskin est d’affirmer que Archaeoptéryx serait un oiseau dont l’origine dinosaurienne ne serait guère avérée.

Cependant dans un texte du 26 octobre 2009 soit seulement huit mois après son texte précédemment cité, Casey Luskin se réfère à un article du Wall Street Journal (WSJ) affirmant le contraire de ce qu’il a précédent affirmé, tout en soutenant que cela prouve qu’il avait raison!

Maintenant certains scientifiques affirment que Archaeoptéryx devrait perdre son statut d'ancêtre des oiseaux modernes. En définissant Archaeoptéryx comme étant une "icône de l'évolution" le Wall Street Journal (WSJ) reprend une expression de Jonathan Wells tout en rapportant que "La créature à plumes nommée Archaeoptéryx, demeurant un des fossiles les plus connus au monde,  fut considéré comme étant le premier oiseau depuis l'époque de Charles Darwin. Lorsque les chercheurs mirent récemment ses célèbres ossements sous un microscope ils découvrirent que cette icône de l'évolution n'était en réalité peut être pas un oiseau du tout". Selon cette nouvelle recherche, les inferences faites sur les os fossililsés d’Archaeoptéryx, montrent que la croissance de celui-ci se faisait beaucoup plus lentement que celle des oiseaux modernes. Alors que l’article que du Wall Street Journal mentionne ces doutes au sujet du statut d’ancêtre d’Archaeoptéryx, ceux qui adhèrent au mouvement du Dessein Intelligent, faisait déjà preuve de septicisme depuis un bout de temps.
Evolution News and Views
Bref un coup Casey Luskin affirme que Archaeoptéryx n’est pas une forme de transition car c’est un vrai oiseau, puis il se réfère à un article stipulant qu’Archaeoptéryx n’est peut-être pas un oiseau en affirmant que cela confirmerait ses dires ainsi que celui du mouvement créationniste auquel il appartient!

Cherchez l'erreur!

Nous pourrions également revenir sur les assertions fallacieuses utilisées par Casey Luskin pour brouiller les pistes, notamment sur une soit disant réfutation du statut d'ancêtre d’Archaeoptéryx par l’étude dont il est question ici. Or toute personne connaissant un minimum le sujet sait qu’il est convenu depuis longtemps de ne pas considérer Archaeoptéryx comme un ancêtre des oiseaux actuels. Toute personne ayant des bases en phylogénie sachant également que même si un intermédiaire structural n’est pas forcément un ancêtre, il n’en demeure pas moins un intermédiaire structural qui peut être riche d’enseignement en matière de détermination des liens de parentés supposés et donc de d’évolution des lignées concernées.

Mais le pire ici étant la bêtise flagrante de Casey Luskin qui hormis de baser sa démonstration sur une grosse contradiction, se réfère à un article du Wall Street Journal en ignorant ce que stipule réellement l'étude orignale que mentionne l'article en question.


En effet l'article du Wall Street Journal se réfère à une étude portant sur les os des fossiles d'Archaeoptéryx dans le but d'en déterminer le rythme de croissance. On sait que les oiseaux modernes ont un rythme de croissance extrêmement élevé pouvant se faire sur quelques semaines seulement tandis que les dinosaures non-aviens eux devaient mettre quelque années avant d'atteindre une «taille adulte».

Or les ossements d'Archaeoptéryx tendent à indiquer que ce dernier avait un rythme de croissance bien plus similaire à celui des dinosaures théropodes non-aviens qu'à celui des oiseaux modernes. Ce qui signifie donc, comme l'indique moult autres caractéristiques anatomiques que Archaeoptéryx était probablement plus similaire aux dinosaures théropodes non-aviens comme Vélociraptor qu'aux oiseaux modernes.

Or bien évidemment cette étude contredit l'affirmation initiale de Casey Luskin selon laquelle Archaeoptéryx serait un véritable oiseau, car de tout évidence Archaeoptéryx ne répondrait de loin pas à tous les standards avec lesquels nous définissons les oiseaux actuels. Mais en bon créationniste pétri de mauvaise foi, Casey Luskin affirme au travers d'un mauvais article de vulgarisation du Wall Street Journal (qui on s'en doute est une référence de choix en matière de paléontologie), que cette étude mettrait à mal le statut d'intermédiaire  structural d'Archaeoptéryx.....

Cette déduction de Casey Luskin est bien évidemment grossière à souhait sachant que si Archaeoptéryx n'est pas réellement un oiseau il n'en demeure pas moins un dinosaure théropode à plumes et donc un indéniable intermédiaire structural entre les dinosaures théropodes non-aviens et les oiseaux véritables. D'ailleurs si Casey Luskin avait lu l'étude originale il aurait pu constater que celle-ci stipule ceci:

Collectivement, les suites histologiques observés chez les oiseaux primitifs, correspondent aux attentes du continuum histologique des taxons maniraptoriens de même taille. Ils fournissent des preuves convaincantes que le modèle de croissance non-aviaire a été hérité des dinosaures dans leur totalité et est typique des oiseaux primitifs proches du nœud d’Archaeopteryx. Cela ajoute un attribut physiologique à la longue liste de caractéristiques anatomiques et comportementales montrant que les oiseaux sont des dinosaures et que de nombreux oiseaux primitifs étaient en général très semblables à des dinosaures.
Gregory M. Erickson and al (2009) Was Dinosaurian Physiology Inherited by Birds? Reconciling Slow Growth in Archaeopteryx, PLoS ONE

Bref l'étude que cite Casey Luskin est en parfaite opposition avec les assertions de ce dernier. Mieux si Casey Luskin avait la flemme de lire l'étude originale, au moins aurait-il pu se référer à cette interview de Mark Norell, un des auteur de l'étude en question et qui résume les conclusions de celle-ci.


Casey Luskin fait donc preuve d’une bêtise et d'une malhonnêteté particulièrement flagrante.

Il faut dire qu'il y a peut-être une raison simple qui explique pourquoi Casey Luskin a sauté sur cet article du Wall Street Journal sans même aller chercher plus loin aux prix de contradiction,s particulièrement grossières. En effet l'article en question mentionne également le BANDit John Ruben et le sophisme du paradoxe temporel, Casey Luskin se faisant un plaisir de mentionner ce dernier comme si il s'agissait  là d'un élément à charge valide à l'encontre de l'origine dinosaurienne des oiseaux. Il faut dire que dans un autre de ces textes Casey Luskin s'était déjà référé abondamment aux sophismes de John Ruben.

3. Back to John Ruben

Casey Luskin n'ayant aucune difficulté à baser toute son «argumentation» sur des auto-contradictions des plus risibles, il n'y a donc rien d'étonnant à ce que ce même Casey Luskin se soit référé à John Ruben. Tout d'abord rappelons que dans la deuxième partie d'un précédent message, j'étais revenu en détails sur les contradictions et idioties auxquels s'était laissé aller John Ruben. En effet Dans une interview John Ruben affirme avoir publié une étude mettant à mal l'origine dinosaurienne des oiseaux, car selon Ruben son étude montrerait que les dinosaures théropodes non-aviens tel que le Vélociraptor avaient des fémurs mal orienté et trop mobiles, pour posséder des sacs aériens similaires à ceux oiseaux modernes et donc être apparentés à ces derniers. Pourtant dans son étude le même John Ruben affirme que les oiseaux primifs tel que Archaeoptéryx n'auraient non plus pas eu de sacs aériens abdominaux adéquats pour possédé ces mêmes sacs aériens abdominaux. Pire John Ruben reconnait l'existence de plumes chez les dinosaures maniraptoriens comme Vélociraptor et affirme que ces derniers malgré leur fémur soit disant trop mobiles seraient en réalité des oiseaux et non pas des dinosaures théropodes! Son objection sur le fémur trop mobile des théropodes pour que ceux-ci soient apparentés aux oiseaux est donc un sophisme particulièrement grossier car se basant sur une auto-contradiction pour le moins énorme.

Sans même remarquer cette contradiction pourtant flagrante Casey Luskin se jette sur ce sophisme de John Ruben et le présente comme étant un élément à charge valide à l'encontre de l'origine dinosaurienne des oiseaux.

Deux articles récents, l'un dans le Journal of Morphology et l'autre dans Ornithological Monographs, ainsi qu'un communiqué sur le site ScienceDaily intitulé "Des découverte soulèvenr de nouveaux doutes sur  la parenté dinosaure-oiseau», contiennent des critiques formulé par des évolutionnistes à l'encontre l'hypothèse  de l'origine dinosaurienne des oiseaux, ce sont là des critiques que vous  devriez normalement sttendre à entendre de la part des sceptiques du néo-darwinisme. Leurs remarques non seulement couvrir les problèmes rencontrés par l'hypothèse de l'origine dinosaurienne des oiseaux, mais aussi déplorer la motivation politique menant à promouvoir cette hypothèse en ignorant la dissidence scientifique existant autout de cette dernière. L'article du site ScienceDaily observe que certains aspects de la morphologie des oiseaux sont tout simplement incompatibles avec l'hypothèse standard voulant que les oiseaux ont évolué à partir de dinosaures théropodes  maniraptoriens.
Evolution News and Views

Casey Luskin ne va pas de main morte non seulement il prétend que les propos de John Ruben retranscrit par le site Science Daily met à mal l'origine dinosaurienne des oiseaux mais en plus il prétend que la promotion de cette dernière serait motivée politiquement et réduirait au silence la dissidence scientifique!

Or comme nous l'avons déjà vu dans un précédent message les propos qu'avait tenu John Ruben dans son interview  au site Science Daily ne tenaient pas car selon son étude les oiseaux basaux comme Archaeoptéryx n'auraient eux-mêmes pas pu posséder de sacs aériens abdominaux et cela quand bien même John Ruben reconnait à ces derniers leur statut d'oiseaux. Pire dans un autre papier John Ruben défend la thèse selon laquelle les Dromaeosauridés tel que le Vélociraptor seraient des oiseaux et non pas des dinosaures théropodes malgré leur fémurs trop mobiles sensé rendre impossible la parenté dinosaures-oiseaux. En ajoutant que l'argumentaire du fémur trop mobile pour permettre la présence de sacs aériens abdominaux similaires à ceux des oiseaux actuels ne tient pas et celad e par l'observation de certains oiseaux actuels au fémur étonnamment mobiles vous pouvez également consulter la critique du zoologue Darren Naish à ce sujet.

Bref de l'auto-contradiction pur jus de la part de John Ruben. Et pourtant aussi boiteux et stupides puissent être les propos de ce dernier, Casey Luskin s'y réfère comme si il s'agissait d'un élément de réfutation pertinent de l'origine dinosaurienne des oiseaux!

Pour John Ruben tout comme pour les autres BANDits à savoir Alan Feduccia et Larry Martin, les Dromaeosauridés (ci-dessus un Vélociraptor tentant d’attraper des oiseaux primitifs nommés Confuciusornis) seraient des oiseaux «primitifs» et non pas des dinosaures théropodes (en rappelant qu’avant les années 2000 ils prétendaient tous les trois exactement le contraire!). Aussi si John Ruben affirme que la position du fémure de ces dinosaures théropodes leur interdits d’être de proches parents des oiseaux, comment peut-il en même temps affirmer que les Dromaeosauridés sont des oiseaux? Là encore John Ruben se contredit et pire encore se discrédite complètement! Casey Luskin assume-t-il les contradictions de John Ruben en affirmant lui aussi que Vélociraptor ne serait pas un dinosaure théropode?

Casey Luskin serait-il capable de nous dire au vue des propos de John Ruben si Vélociraptor était oui ou non un dinosaure théropode?

Mais Casey Luskin a-t-il seulement remarqué la contradiction de John Ruben c'est là toute la question!

4. Les études boîteuses références privilégiées de Casey Luskin

Dans un de ses textes, hormis de se référer à John Ruben, Casey Luskin se réfère également à une publication des dénommés Frances C. James et John A. Pourtless et conclue son texte en affirmant ceci:
Ces analyse n'amène pas seulement des raisons significatives de douter de  l'hypothèse BMT voulant que l'apparition des oiseaux à partir de dinosaures théropodes Maniraptoriens [hypothèse "BMT" en anglais pour "birds evolved from maniraptoran theropod dinosaurs"], mais elle montre qu'il y a un grand malaise même au sein de la communauté scientifique darwinienne sur la manière dont les dissidents de l'hypothèse BMT ne sont pas entendus.
Evolution News and Views

Casey Luskin présente donc la publication de James et Pourtless comme une démonstration en règle du caractère bancale de la phylogénie dinosaures-oiseaux. Mais est-ce vraiment le cas? Pour le savoir il nous faut revenir sur la publication elle même.

Dans la publication en question James et Pourtless prétendent s'adonner à une analyse cladistique pertinente afin de tester la validité de l'origine dinosaurienne des oiseaux par apport à certaines hypothèses alternatives proposé par les BANDits (Birds Are Not Dinosaurs).

Au terme de leur publication James et Pourtless en déduise que l'origine dinosaurienne des oiseaux ne seraient pas d'avantage démontré que les dites hypothèse alternatives proposés par les BANDits!

Il n'en fallait pas plus pour que Casey Luskin se réfère à cette publication afin d'affirmer que l'origine dinosaurienne des oiseaux serait en fait une théorie bancale. Casey Luskin n'hésitant pas à verser dans ce qui ressemble à une théorie du complot en affirmant que la commauté scientifique darwinienne (sic) ignorerait les voix scientifiques dissitentes en matière d'origine des oiseaux. Une sorte de loi du silence qui ferait que des critiques pertinente à l'origine dinosaurienne des oiseaux seraient honteusement réduites au silence par la pas belle méchante communauté scientifique darwinienne.....

Bien évidemment la réalité est tout autre, nous l'avons vu avec John Ruben qui loin d'amener des réfutations pertinentes à l'origine dinosaurienne des oiseaux, se contredit en réalité complètement et nous pouvons également le constater ici avec la publication de James et Pourtless qui elle aussi est des plus bancale et constitue tout sauf une analyse cladistique pertinente permettant de tester rigoureusement l'origine dinosaurienne des oiseaux.

En effet dans leur analyse cladistique soit disant objective concernant le positionnement phylogénétique des oiseaux James et Pourtless en arrivent à la conclusion que les dinosaures Maniraptoriens  (dont fait notamment parti le Vélociraptor ainsi que les oiseaux) ne seraient peut-être absolument pas des dinosaures théropodes, donnant ainsi du crédit à la phylogénie alternative de Larry Martin que nous pouvons voir ci-dessous et qui avait déjà été discutée dans ce précédent message.

Dans cette phylogénie pour le moins étrange Larry Martin exclue totalement les Maniraptoriens du clade des dinosaures théropodes et les apparente à un animal nommé Longisquama. Pour se faire Larry Martin affirme que les nombreux caractères similaires existant entre les Maniraptoriens les dinosaures théropodes Non-Maniraptoriens ne sont que des convergences évolutives. On note aussi que Larry Martin représentent les dinosaures théropodes Non-Maniraptoriens comme ayant conservé les doigts 1,2 et 3, tandis que les Maniraptoriens oiseaux compris, auraient retenus les doigts 2, 3 et 4. Or comme cela fut déjà discuté en détail dans ce précédent message, il n’y a pas de raison de penser que les oiseaux et par extension les Maniraptoriens en général n’aient pas conservé les même doigts que les dinosaures théropodes Non-Maniraptoriens. James et Pourless affirment que cette phylogénie alternative proposée par Larry Martin serait aussi solide que celle plaçant les Maniraptoriens au sein du clade des dinosaures théropodes.

Problème pour arriver à cette conclusion sensée mettre à mal le positionnement des Maniraptoriens au sein du clade des dinosaures théropodes, James et Pourtless se sont adonné à une sélection limite malhonnête des caractères morphologiques utilisés dans leur réconstitution cladistique.

Comme l'a noté Scott Hartman, James et Pourtless ont volontairement exclues de leur matrice d'analyse certains os du crâne, de la main ou du pied, simplement parce que certains BANDits comme Alan Feduccia avaient contesté l'homologie des caractères en question, mais donc sans eux-mêmes amener un justificatif concret de l'exclusion de ces caractères anatomiques pourtant importants dans l'analyse cladistique.

Pire alors que James et Pourtless tout en excluant de leur matrice des caractères anatomiques important, ils prennent pour argent comptant, là encore sans justificatif aucun, que l'enracinement particulier des dents d'Archaeoptéryx sont homologues à celui des crocodiliens tout en ignorant la littérature existant à ce sujet chez les autres dinosaures théropodes Maniraptoriens.

Et le plus grave étant que James et Pourtless n'intègrent pas au sein de leur matrice suffisamment de dinosaures théropodes basaux, ni même de dinosaures non-théropodes mais ils y intègrent Longisquama considéré comme un archosaure sans que cela ne soit vraiment démontré en attribuant à ce même Longisquama des caractéristiques anatomiques qui n'ont guère été pleinement avérées chez ce dernier.

Dans un commentaire qu'il a laissé dans son propre blog le Zoologue Darren Naish résume en quoi l'étude de James et Pourtless est tout simplement bancale.

Quant à James & Pourtless (2009): ces auteurs utilisent cladistique pour tester l'hypothèse selon laquelle les oiseaux appartiennent au clade des dinosaures théropodes coelurosaurians, James et Pourtless affirment qu'ils utilisent une approche impartiale où les archosaures non-dinosauriens et d'autres reptiles sont également inclus dans l'analyse (ils incluent Longisquama parmi les archosaures pour une raison quelconque et affirment même que c'est un proto-oiseau [p. 7]). Le document est rempli d'affirmations vraiment étranges (par exemple celle voulant que les théropodes ne peuvent être identifier que par leur articulation intramandibulaire) et s'adonne à de nombreuses choses amenant à fausser les résultats: Ils ont codé tous les caractères homologues qui ont été contestés comme étant  «inconnus» (p.14) par exemple (et,comme c'est l'habitude chez ceux contestant les affinités entre les théropodes et les oiseaux, ils ignorent les preuves démontrant que les contestations en question au sujet de ces homologies, sont de toute façon erronées). Cela est fallacieux car cela revient à faire un à priori sur les homologies, et cela introduit de nouveaux points d'interrogation dans la matrice pour des états de caractères où nous avons pourtant des données. En outre, le choix des taxons est bizarre: il est fallacieux d'analyser les théropodes et les autres archosaures sans inclure dans l'analyse aux moins quelques dinosaures non-théropodes. Enfin, les arbres qu'ils ont obtenus sont entièrement non-informatifs (il s'agit la plupart du temps de polytomies) et ne fournissent pas de support pour quelque hypothèse que ce soit. Donc comment exactement les auteurs peuvent objectivement affirmer qu'ils ont trouvé des faiblesses dans «l'hypothèse oiseaux = dinosaures théropodes», demeure quelque chose qui n'est pas vraiment apparent. Comme test impartial de la phylogénie des archosaures, l'étude de James et Pourtless échoue lamentablement.
Darren Naish, Tetrapod Zoology

Et donc si James et Pourtless échouent Casey Luskin échoue tout autant si ce n'est pas d'avantage sachant que non seulement il se réfère à des sources bancales et contradictoires mais en plus les accumulent tellement qu'il en arrive à s'auto-contredire lui-même sans apparemment s'en rendre compte.

Néanmoins il est fort possible que Casey Luskin sait parfaitement que ses propos ainsi que les sources auxquelles ils se réfère sont bancales et contradictoire, son objectif étant juste de semer le doute chez des lecteurs peu connaisseurs des question abordés et qui ne prendrons de toute façon jamais le temps de les creuser.

5. Conclusion

Casey Luskin fait donc probablement preuve d'autant de malhonnêteté que d'idiotie dans la rédaction de ses textes. Sous couvert de critique d'une orthodoxie scientifique qui ignorerait les voix dissidentes, Casey Luskin fausse l'état des connaissances réelles des problématiques abordées, ignore les faiblesses et les contradictions des critiques qu'il retranscrit et formule lui-même, le tout pour sous-entendre qu'il existerait une communauté scientifique darwinienne dominante et dogmatique fermée à la controverse scientifique. Cette présentation cariacturale et faussée des thématiques scientifiques abordées s'inscrivant dans une stratégie plus vaste visant à affirmer que l'évolution biologique en général serait un dogme et que le créationnisme nommé «dessein intelligent» serait une hypothèse alternative scientifiquement valide!


Bref Casey Luskin est au mieux un parfait idiot au pire une personne faisant preuve d'un malhonnêteté particulièrement crasse.

Références:

John Ruben and al (2000), Cursoriality in bipedal archosaurs, Nature

Xing Xu and al (2003), Four-winged dinosaurs from China, Nature


Larry Martin (2004), A basal archosaurian origin for birds, Acta Zoologica Sinica

Devon E. Quick and John A. Ruben (2009), Cardio-Pulmonary Anatomy in Theropod Dinosaurs: Implications From Extant Archosaurs, Journal of Morphology

Frances C. James and John A. Pourtless (2009),
Cladistics and the Origin of Birds: A Review and Two New Analyses, Ornithological Monographs

vendredi 4 mars 2011

Évolution des Oiseaux versus Dessein Intelligent (1ère partie)



En l'an 2000 un dénommé Jonathan Wells publia un livre nommé «Icons of Evolution».

Dans ce livre l’auteur s’en prenait à l’évolution des espèces dépeint comme un mythe et ne reposant sur aucune preuve réellement concluante. Pour ce faire Jonathan Wells s’attaquait à certaines des preuves scientifiques de l’évolution et affirmaient que ces dernières n’en étaient en réalité absolument pas.

Dans un des chapitres de son livre Jonathan Wells s’attaque au très célèbre Archaeoptéryx et à la thématique de l’évolution des oiseaux en générale. Jonathan Wells affirmant que Archaeoptéryx n’est pas une preuve de l’origine dinosaurienne des oiseaux car il n’est pas l’ancêtre direct des oiseaux. L’auteur ajoutant que rien de probant ne démontre que les oiseaux aient évolué à partir d’ancêtres dinosauriens.

La position défendu par Jonathan Wells n’a rien de surprenant sachant que ce dernier est un créationnisme membre de l’organisation nommé «Discovery Institute» un Think Tank néoconservateur promouvant le «Dessein Intelligent», à savoir une forme de créationnisme tentant d’imiter un maximum le discours scientifique pour un jour peut-être s’imposer dans les cours de Science des écoles publiques.

Le livre de Jonathan Wells n’est qu’une des nombreuses manifestations de la propagande créationniste du «Discovery Institute». Récemment cette organisation créationniste a d’ailleurs tenté de remettre au goût du jour le livre de Jonathan Wells via une série de vidéos consacré aux différents point abordés dans le livre «Icons of Evolution».


Une des vidéos en question est donc logiquement consacré à Archaeoptéryx et à l’origine dinosaurienne des oiseaux. Vous pouvez visionner la vidéo en question ci-dessous, la suite du présent message étant consacré à une réfutation détaillé des assertions de Jonathan Wells sur l’évolution des oiseaux. Comme nous le verrons il apparaît clairement que Jonathan Wells est au mieux un ignare au pire un malhonnête.

Vidéo de Jonathan Wells sur Archaeoptéryx


Un simple regard sur cette vidéo en dit long sur la stupidité du créationnisme dés qu’il s’agit d’aborder des thématiques liées à l’évolution du vivant.

Jonathan Wells et le sophisme du «chainon manquant»

Jonathan Wells reconnaît que Archaeoptéryx possède à la fois des caractéristiques «reptiliennes» et aviennes, mais il prend soin d’affirmer que Archaeoptéryx n’est pas un «chainon manquant» car il n’est pas considéré comme l’ancêtre direct des oiseaux. Le tout pour conclure que le «chainon manquant» est toujours manquant et donc de sous-entendre que le registre fossile n’apporte aucune démonstration de l’évolution des oiseaux à partir des dinosaures théropodes!

Toute personne un minimum connaisseur en matière de paléontologie, d’évolution et de cladistique, ne peut que rire que des sophismes de Jonathan Wells, car celui-ci semble être resté coincé à la notion de «chainon manquant». La notion de «Chainon manquant» renvoyant à une image «gradiste» pour le moins fausse de l’évolution.

Vision gradiste et linéaire de l’évolution des oiseaux. Selon cette vision ultra-linéaire, l’évolution des oiseaux se ferait sur une ligne droite unique où l’on pourrait placer les divers intermédiaires structuraux à la queuleuleu, Archaeoptéryx étant donc vu comme un «chainon» c’est-à-dire un ancêtre direct des oiseaux actuels.

Or ce que Jonathan Wells semble ignorer, c’est qu’il est finit le temps où l’évolution est vu comme «gradiste» et gradualiste avec en bas les poissons, un peu plus haut les amphibiens, ensuite les reptiles puis en haut les oiseaux et les mammifères. Vision «gradiste» faisant des «reptiles» (c’est-à-dire les amniotes à peau écailleuse et à «sang-froid») une sorte de «marchepied» menant aux mammifères et aux oiseaux sensé être «plus évolués» que ces «reptiles» considérés alors comme étant plus primitifs.

C’est d’ailleurs dans cette vision gradiste de l’évolution que Archaeoptéryx fut considéré comme un «chainon manquant» entre les «reptiles» et les oiseaux, Archaeoptéryx devenant lui-même, selon cette vision «gradiste» et gradualiste de l’évolution, un «marchepied» entre les «reptiles» et les oiseaux ou plus précisément un «marchepied» entre les dinosaures et les oiseaux.

Le terme «chainon manquant» est d’ailleurs critiqué pour cela. Car même si certaines personnes, y compris des scientifiques, utilisent très maladroitement ce terme pour parler des intermédiaires structuraux, les spécialistes savent bien que «intermédiaire structural» ne signifie pas «ancêtre» à proprement parler, tout au plus certains intermédiaires peuvent être des ancêtres potentiels, sans pour autant que l’on puisse en être sûr.

Cependant même si un intermédiaire n’est pas un ancêtre, il n’en demeure pas moins un témoignage de l’histoire évolutive des lignées actuelles à partir de groupes aujourd’hui disparus. Pour cela les chercheurs utilisent les outils de la cladistique afin de déterminer à la fois les liens de parenté entre les taxons vivants et fossiles mais aussi reconstituer le mieux possible la manière et l’ordre dans lesquels les différentes caractéristiques morphologiques ont évolué au cours des différentes périodes géologiques.

A ce titre la cladistique soutenue par la découverte de multiples fossiles, nous montre qu’Archaeoptéryx n’était qu’un dinosaure à plumes parmi tant d’autres et que les oiseaux sont eux-mêmes des dinosaures à plumes. L’analyse cladistique soutenue par les fossiles confirmant comme dit plus haut qu’il n’y pas de «marchepieds» dans l’évolution mais de multiples branches partant dans des directions différentes à partir d’ancêtre communs. L’étude des divers caractéristiques morphologiques (et génétiques lorsque celles-ci sont disponible) nous permettant de déterminer des liens de parenté plus ou moins étroits en différentes lignées divergentes et des caractères plus ou moins conservé (donc présent chez l’ancêtre commun) d’autres caractères plus dérivés (donc les innovations de chacune des branches séparés depuis le dernier ancêtre commun.

Archaeoptéryx ainsi que des multiples fossiles de dinosaures théropodes à plumes, l’analyse cladistique confirme de manière flagrante l’origine dinosaurienne des oiseaux que Thomas Henry Huxley avait proposé en son temps c’est-à-dire au XIXème siècle.

Arbre phylogénétique des dinosaures théropodes. Cet arbre phylogénétique a été conçut via l’analyse cladistique mais illustre qui est plus proche de qui mais sans donc placé les taxons étudiés à la queuleuleu. Cet arbre nous permet de cerner les liens de parenté entre les différents taxons fossiles. Et nous montre également une réelle continuité entre les dinosaures théropodes non-aviens et les oiseaux actuels.

Cependant dans la présente vidéo Jonathan Wells s’en prend également à la cladistique et affirme que cette dernière n’est qu’un raisonnement circulaire. Pire encore il affirme que c’est un raisonnement circulaire ne prenant pas en compte la réalité du registre fossile et pour se faire il mentionne un des sophismes souvent mentionné à l’encontre de l’origine dinosaurienne des oiseaux, à savoir le paradoxe temporel.

Jonathan Wells et le sophisme du Paradoxe Temporel

La question du Paradoxe temporelle a déjà été traité en détail ici et il apparaît clairement qu’il ne s’agit pas d’une objection valide. Mais Jonathan Wells ignore les éléments faisant du paradoxe temporel un sophisme, pire il essaie de remettre ce dernier au goût du jour en citant une étude consacrée à la découverte d’un dinosaure théropode nommé Concavenator corcovatus. Sans entrer dans les détails, cette étude pointe le fait que ce dinosaure théropode possédait sur les os de ses avant bras ce qui semble être des «attaches de plumes» comme le montre l’image ci-dessous.

Selon les chercheurs ayant decries pour la première fois le fossile de Concavenator corcovatus ce dernier posséderait au niveau des avant-bras des attaches de plumes similaires à ceux des oiseaux actuels. Cependant ces conclusions sont à prendre avec des pincettes, certains voyant dans les «marques» en question non pas des attaches de plumes mais des attaches musculaires particulières.

Les auteurs de l’étude décrivant Concavenator corcovatus en déduisent que celui-ci possédait probablement des plumes. Or jusqu’ici la présence des plumes chez les dinosaures théropodes n’avait été avéré que au sein du clade des Cœlurosauriens clade comprenant les oiseaux mais auquel n’appartient pas Concavenator corcovatus, Les auteurs de l’étude affirmant à juste titre que si Concavenator corcovatus possédait des plumes, ces dernières ont donc du apparaître plus tôt qu’on le pensait jusqu’alors chez les dinosaures théropodes. Cela voulant également dire que de nombreux dinosaures théropodes posséderaient des plumes.

Reconstitution (a) et position phylogénétique (b) de Concavenator corcovatus. Notez que la position des dinosaures théropodes Cœlurosauriens à gauche du tableau phylogénétique indiquant clairement que Concavenator corcovatus ne fait pas partie des dinosaures théropodes Cœlurosauriens en question. Aussi si Concavenator corcovatus cela signifierait que l’origine des plumes est plus lointaine que l’on pensait jusqu’alors chez les dinosaures théropodes. Cependant encore une fois la présence de plume chez Concavenator corcovatus est sujette à caution.

Dans sa vidéo Jonathan Wells cite donc cette étude sur Concavenator corcovatus en affirmant que les scientifiques verrait en lui un ancêtre potentiel des oiseaux, chose bien évidemment impossible rappelle Jonathan Wells car Concavenator corcovatus a vécut plusieurs millions d’années après Archaeoptéryx.

Mais les propos de Jonathan Wells sont malhonnête et cela pour deux raisons:

1. Premièrement contrairement à ce que dit Jonathan Wells aucun scientifique ne prétend que Concavenator corcovatus est un ancêtre potentiel des oiseaux modernes. Tout au plus si la présence de plumes était avéré chez Concavenator corcovatus cela signifierait que les plumes sont présente au sein d’une gamme plus vaste de dinosaures théropodes et que l’origine des plumes pourrait être plus ancienne que l’apparition des dinosaures théropodes Cœlurosauriens. Jonathan Wells semblant dire qu’il est problématique que Concavenator corcovatus soit plus récent que Archaeoptéeryx, ce qui est ridicule sachant que l’évolution est buissonnante Jonathan Wells nous donnant une version particulièrement grossière du sophisme du paradoxe temporel.

2. L’ascendance dinosaurienne des oiseaux n’a d’ailleurs pas besoin de Concavenator corcovatus pour être validé. Même si Concavenator corcovatus ne possédait pas de plumes l’origine dinosaurienne des oiseaux reste amplement validé par l’existence de nombreux dinosaures théropodes Cœlurosauriens à plumes. La présence de plumes chez des dinosaures Cœlurosauriens non-aviens comme Vélociraptor suffit amplement à confirmer la parenté dinosaures-oiseaux. Mais encore une fois Jonathan Wells ne mentionne pas les éléments les plus probants de cette parenté il ignore par ailleurs des découvertes aussi capitale qu’Anchiornis huxleyi un dinosaure à plumes non-aviens plus ancien que Archaeoptéryx [1]. Il ignore également le fait que la continuité entre les dinosaures théropodes non-aviens et les oiseaux est telle qu’il devient souvent difficile de distinguer un Cœlurosaurien non-avien d’un oiseau «véritable».

À ce titre notons également que la présence de plumes n’est de loin pas certifiée chez Concavenator corcovatus, en fait comme l’a noté le zoologue Darren Naish, les excroissances présentes sur les os des avant-bras de Concavenator corcovatus seraient probablement d’avantage des attaches musculaires particulières ou éventuellement des traces d’usures particulières qu’autre chose. La présence de plumes chez Concavenator corcovatus n’est donc pas avéré en l’état actuel des choses.

D’ailleurs les doutes légitimes sur la présence de plumes chez Concavenator corcovatus ont été récupéré par le créationniste Casey Luskin appartenant tout comme Jonathan Wells à l’organisation créationniste nommé «Discovery Institute». Casey Luskin affirme qu’il n’y a pas de preuves formelles que les «marques» présentes sur les avant-bras de Concavenator corcovatus, sont des attaches de plumes et que donc Concavenator corcovatus avaient de plumes. Là-dessus Casey Luskin a raison cependant ce dernier ajoute que pareils excroissance à également été observé sur le fossile controversé nommé Protoavis et que donc si l’on reconnaît l’existence de plumes chez Concavenator corcovatus on devrait logiquement en faire de même pour Protoavis. Casey Luskin ajoutant que Protoavis date du Trias et est considéré comme un oiseau par son découvreur, or la présence d’oiseau créé un paradoxe si grand que cela mets donc totalement à mal l’origine dinosaurienne des oiseaux.

Mais ce que Casey Luskin oublie de mentionner, c’est que même si l’hypothèse de la présence de plumes chez Concavenator corcovatus demeure plus qu’incertaine, Concavenator corcovatus contrairement à Protoavis, est un fossile en très bonne état et l’existence même de Concavenator corcovatus ne fait aucun doute. Le problème avec Protoavis étant que le soit disant fossile de ce dernier hormis d’être en très mauvaise état, les marques attribué à des attaches de plumes sur le fossiles de «Protoavis» ont donc bien plus de chances d’être du à l’usure. D’ailleurs Protoavis est de tout évidence une chimère [2],[3],[4] composé de fossiles de différents animaux comme cela ayant été déjà discuté dans ce précédent message.

De plus comme cela avait été exposé dans le message précédent en question, la présence d’oiseaux à la fin du Trias ne signerait pas l’arrêt de mort de l’origine dinosaurienne des oiseaux car alors il est également théoriquement possible de retrouver des dinosaures Cœlurosauriens non-aviens datant du Trias, le tout ramenant simplement la radiation des dinosaures théropodes Cœlurosauriens non-aviens et aviens, à la fin du Trias plutôt qu’au  milieu du Jurassique chose possible au regard de certaines découvertes [5], [6], [7]. Mais donc à ce jour il n’existe aucune preuve concluante de l’existence d’oiseau à la fin du Trias, le plus ancien oiseau connu demeurant Archaeptéryx datant, rappelons-le, de la fin du Jurassique.

Bref la seule chose de pertinent dans les propos de Casey Luskin concerne le fait qu'il n'existe pas de preuve concluante de l'existence de plumes chez Concavenator corcovatus. Les propos qu'il tient sur Protoavis qui mettrait à mal la parenté dinosaures-oiseaux et seraient mal considéré par les spécialistes en raison d'un «raisonnement évolutif inconsistant» (sic), ne sont que des propos insipides basés sur l’omission de faits importants voir même sur une bonne dose de stupidité et de malhonnêteté.

La cladistique gagne là où Jonathan Wells échoue

Mais les attaques contre la cladistique auxquelles s’adonne Jonathan Wells dans la présente vidéo, sont d’autant plus déplorable que l’histoire récente à montré le pouvoir prédictif de la cladistique et totalement démolit les assertions auxquelles Jonathan Wells s’adonnait dans son livre «Icons of Evolution».

La cladistique a en effet permis de faire des inférences et prédictions des plus intéressantes, comme celle voulant que des dinosaures à plumes aient existé. Des prédictions qui ont été ralisées mais que Jonathan Wells du haut de sa malhonnêteté se regarde bien de mentionner.

En effet dans le chapitre consacré à Archaeoptéryx de son livre «Icons of Evolution» publié en l’an 2000, Jonathan Wells s’offusquait d’une reconstitution du Droameosauridé (dinosaure carnivore similaire au Vélociraptor) nommé Bambiraptor (voir image ci-dessous).

Reconstitution de Bambiraptor datant de l’an 2000. Dans son livre «Icons of Evolution» Jonathan Wells affirme que cette reconstitution n’est qu’une spéculation évolutionniste sans réelle valeur scientifique.

Pourquoi Jonathan Wells s’offusquait-il de cette reconstitution? Tout simplement parce qu’elle montrait le Dromaeosauridé Bambiraptor recouvert de plumes alors qu’aucune plumes n’avait été retrouvé avec ce fossile. En effet si les chercheurs avaient reconstitué Bambiraptor avec des plumes c’était en raison d’analyses cladistiques indiquant que les Dromaeosauridés sont très apparenté aux oiseaux et donc avaient probablement également des plumes. Et donc même si à l’époque (fin des années 1990, année 2000) la présence généralisé de plumes chez les Dromaeosauridés était sujette à caution, les analyses cladistiques laissaient penser que les Dromaeosauridés avaient des plumes.

Mais dans son livre «Icons of Evolution» Jonathan Wells voit dans cette reconstitution du Dromaeosauridé Bambiraptor, une spéculation évolutionniste douteuse sans réelle valeur scientifique,

Or Jonathan Wells avait tort!

Après plus de dix ans de découvertes paléontologiques révélant d’indiscutables Dromaeosauridés à plumes ont peut aujourd’hui affirmer que ces derniers avaient indiscutablement des plumes. Mieux Bambiraptor avait peut-être encore d’avantage de plumes que le montre la reconstitution de l’an 2000 mentionné plus haut!

L’analyse cladistique a donc montré son pouvoir prédictif!

Pourtant dans sa vidéo de propagande Jonathan Wells affirme que la cladistique n’est qu’un raisonnement circulaire, il ignore que l’analyse cladistique a été validé tout comme il ignore que les assertions de son livre ont été contredit, tout comme il ignore les multiples dinosaures à plumes découverts ces dix dernières années y compris des dinosaures à plumes non-aviens plus anciens que Archaeoptéryx [1].

Jonathan Wells ne mentionne pas les multiples dinosaures à plumes tel que Anchiornis huxleyi (image ci-dessus), montrant que analyses cladistiques qu’il critiquait dans son bouquin, étaient dans le vrai. Jonathan Wells ignore purement et simplement les faits mettant à mal sa rhétorique anti-cladistique.

Bref Jonathan Wells est au mieux un ignare au pire un parfait malhonnête.

Jonathan Wells se contente de mentionner Archaeoptéryx dans un conception caricaturale et dépassé de l’évolution via la notion de «chainon manquant», puis il ressort le sophisme du «paradoxe temporel» en omettant les multiples éléments faisant de celui-ci un sophisme qui plus est rendu caduque par de récentes découvertes, enfin il s’en prend à la cladistique qu’il dépeint comme étant un raisonnement circulaire en ignorant le succès de cette dernière via les récentes découvertes et en ignorant que ce sont en réalité les affirmations de son livre «Icons of Evolution» qui ont été mises en échec par les découvertes en question.

Conclusion Jonathan Wells ne mérite ni plus ni moins qu’un bonnet d’âne et cela aussi bien pour son bouquin que pour sont intervention dans la présente vidéo de propagande.

Références: 


[1] Dongyu Hu and al (2009), A pre-Archaeopteryx troodontid theropod from China with long feathers on the metatarsus, Nature

[2] Luis M. Chiappe (1995), The first 85 million years of avian evolution, Nature

[3] Silvio Renesto (2000),
Bird-like head on a chameleon body: new specimens of the enigmatic diapsid reptile Megalancosaurus from the Late Triassic of northern Italy, Rivista Italiana di Paleontologia e Stratigrafia

[4] Zhonghe Zhou (2004),
The origin and early evolution of birds: discoveries, disputes, and perspectives from fossil evidence, Naturwissenschaften

[5] Xu, X., Zhao, X. and Clark, J.M. (2001), A new therizinosaur from the Lower Jurassic lower Lufeng Formation of Yunnan, China, Journal of Vertebrate Paleontology

[6] Andrew R. C. Milner and al (2008), Bird-Like Anatomy, Posture, and Behavior Revealed by an Early Jurassic Theropod Dinosaur Resting Trace, PLoS ONE 

[7] Mudroch, A., Richter, U., Joger, U., Kosma, R., Idé, O., & Maga, A. (2011), Didactyl Tracks of Paravian Theropods (Maniraptora) from the ?Middle Jurassic of Africa, PLoS ONE