samedi 7 avril 2012

Découverte d'un géant carnivore à «fourrure de plumes»


Reconstitution de Yutyrannus huali (qui sont ici les grand dinosaures au plumage brunâtre) dans un paysage enneigé. Nous devons cette magnifique illustration à un paléoartiste nommé Brian Choo. Notez qu'en bas à gauche de l'image le paléoartiste a également représenté deux représentants d'une autre espèce de dinosaure à plumes nommée Beipiaosaurus inexpectus. Cette dernière ayant été probablement contemporaine de Yutyrannus huali en plus d'avoir vécu dans la même région géographique.

Récemment un nouveau dinosaure à plumes nommé Yutyrannus huali  a été fait l'objet d'une description dans la prestigieuse revue «Nature» [1]. Yutyrannus huali combine deux caractéristiques qui réunies en font un spécimen de grand intérêt. la première est qu'il s'agit d'un grand dinosaure théropode carnivore, le deuxième est qu'il était recouvert, au moins en parti, de filament de plumes! Notons également que loin de n'être connu que via quelques ossements en mauvaises état, Yutyrannus huali l'est par trois squelette pratiquement complets!

 Crâne de Yutyrannus huali

 La probable position phylogénétique de Yutyrannus huali

Un grand dinosaure théropode carnivore recouverts de filament de plumes? Formidable, me direz-vous, mais à quelle grande famille de théropode appartient ce magnifique carnivore? Eh bien c'est là que cela devient intéressant, les auteur de la publication décrivant Yutyrannus huali, classent ce dernier dans la prestigieuse famille des Tyrannosauroidea dont le nom laisse entendre qu'il s'agit de celle comprenant le très célèbre Tyrannosaurus rex!

Phylogénétiquement Yutyrannus huali représenterait un genre basal du clade des Tyrannosauroidea.

Un représentant basale du clade de Tyrannosauroidea voilà qui a de quoi séduire. Cependant comme nous allons le voir ci-dessous un paléontologue appelle à la prudence sur ce dernier point.

Le paléontologue Darren Naish s'en mêle

Darren Naish est l'auteur du blog Tetrapod Zoology (blog figurant à la liste des mes favoris) mais c'est aussi un paléontologiste des vertébrés ayant fait sa thèse de Doctorat sur les Tyrannosauroidea et mieux encore c'est également un des scientifiques qui a fait parti du comité de lecture de la publication décrivant Yutyrannus huali. Rien que cela!

 Darren Naish
Or Darren Naish à des choses très intéressantes à dire concernant Yutyrannus huali, en effet selon lui Yutyrannus huali possèderait des caractère qui le rapprocherait des Carcharodontosauria, c'est-à-dire de dinosaures tels qu'Allosaurus et non pas de Tyrannosaurus rex.

Mais donc si l'hypothèse proposée par de Darren Naish s'avérait vrai cela voudrait dire que Yutyrannus huali serait le premier dinosaure théropode non-Cœlurosauriens chez lequel aurait pu être établi de manière indiscutable la présence de filaments de plumes! En effet rappelons nous que les Cœlurosauriens représentent un grand clade de dinosaures théropodes comprenant les oiseaux. Or si la présence de plumes et/ou de filaments est aujourd'hui plus que documenté au sein de ce clade, y compris depuis plusieurs années déjà chez des Tyrannosauroidea, tel que Dilong paradoxus [2], il n'en est rien chez des clades de dinosaures davantage éloignés des oiseaux tels que celui des Carcharodontosauria!

Notons cependant que la présence de plumes chez les Carcharodontosauria a été soupçonné chez le dinosaure Concavenator corcovatus en raison d'étrange appendices osseux sur ces avant-bras rappelant ceux d'attache de plumes que l'on trouve chez les oiseaux [3]. Cependant là encore Darren Naish donna de bonne raison de douter de la présence de plumes chez Concavenator corcovatus et donc à ce jour la présence de plumes ou même de simples filaments de plumes chez les Carcharodontosauria demeure quelque chose d'hypothétique.

 Concavenator corcovatus, reconstitution du paléographiste Alain Bénéteau

De plus Darren Naish souligne bien que sa proposition selon laquelle Yutyrannus huali pourrait être un Carcharodontosauria et non pas un Tyrannosauroidea, demeure elle aussi purement hypothétique et que donc Yutyrannus huali pourrait très bel et bien être un Tyrannosauroidea. Tout au plus Darren Naish appelle à rester pour l'instant prudent sur la position phylogénétique attribué à Yutyrannus huali en espérant que de nouvelles études prenant en compte un nombre plus important de données permettrons de trancher. Mais donc à ce jour l'hypothèse la plus probable semble être que Yutyrannus huali est bel et bien un Tyrannosauroidea.

Un nouveau dinosaure non-Maniraptorien à plumes.

Mais que Yutyrannus huali ait été un Carcharodontosauria ou un Tyrannosauroidea une chose est sûr il n'est certainement pas un ManiraptorienYutyrannus huali constitue donc un dinosaure non-Maninraptoriens à plumes supplémentaire. Mais pourquoi cela est-il important? Eh bien pour le comprendre rappelons qu'une poignée de scientifiques que l'on surnomme les BANDits (pour «Birds Are Not Dinosaurs») continuent de nier la présence de filaments de plumes chez les dinosaures théropodes non-Maniraptoriens. Les BANDits affirmant par exemple que les filaments observéa sur le fossile du non-Maniraptorien Sinosauropteryx prima seraient en fait des fibres de collagènes dégradés [4]. Or comme cela a déjà été discutée de façon détaillée dans ce précédent message cette idée ne tient pas. Et cela surtout lorsque l'on sait que des mélanosomes ont pu être décrit au sein des filaments de Sinosauropteryx prima [5].  Et donc pareille idée ne tient pas non plus pour Yutyrannus huali! En effet comme le rappelle le paléontologue Dave Hone (dont le blog  «Archosaur Musings» figure également à mes favoris soit-dit en passant), les filaments de Yutyrannus huali, hormis d'être d'une longueur remarquable, sont disposés de manière adéquate par-apport au squelette. C'est-à-dire que les dits filaments ont une position et une orientation conformes à celles d'authentiques filaments et non pas d'un quelconque artefact de type «fibres de collagène dégradés».

 Gros plan sur les filaments de plumes de Yutyrannus huali

Nous noterons cependant plusieurs inconnues concernant les filaments de plumes de Yutyrannus huali. Tout d'abord les auteurs de l'étude l'admettent eux-même, on ignore si Yutyrannus huali était entièrement recouvert de plumes ou non, en fait on ignore quelle était l'étendu de son plumage si l'on peut dire. Ensuite on ignore quelle était la fonction de son plumage. Une des hypothèse est que celui-ci devait avoir une fonction thermorégulatrice à l'instar de ce que l'on observe avec les poils des mammifères actuels. En effet la plupart des grand mammifères (éléphants, rhinocéros) vivant dans un climat chaud sont dépourvu de poils afin de favoriser une nécessaire déperdition de chaleur que leur corps massif ne facilite guère. Cependant comme le prouve le défunt Mammouth laineux, en climat froids de grands et massifs animaux peuvent être recouverts de poils. Or les filaments de plumes de Yutyrannus huali sont d'une longueur remarquable, à savoir environ douze centimètres. Cela poussant certains chercheurs à se demander si ce grand dinosaure carnivore n'était pas adapté à des climats froids. À ce titre notez que la reconstitution de en haut du présent message, le représente évoluant dans paysage enneigé. Malheureusement cette dernière hypothèse des plus intéressantes et des plus plausibles demeure à ce jour des plus incertaines.

Conclusion 

Yutyrannus huali représente une découverte importante car démontrant que les grands dinosaures carnivores pouvaient eux aussi être recouverts de plumes. La question que se posent déjà certains est de savoir si certains dinosaures théropodes géants tels que le célèbre Tyrannosaurus rex possédaient eux aussi des filaments de plumes, hypothèse plus que plausible! Sinon je recommande également l'excellent article de Brian Switek consacré à Yutyrannus huali. Eh oui ce dernier a déjà énormément fait parler de lui au sein de la blogosphère dinosaurienne!

Références:



[3] Francisco Ortega, Fernando Escaso & José L. Sanz (2010), A bizarre humped Carcharodontosauria (Theropoda) from the Lower Cretaceous of Spain, Nature

[4]  Theagarten Lingham-Soliar, Alan Feduccia & Xiaolin Wang (2007), A new Chinese specimen indicates that ‘protofeathers’ in the Early Cretaceous theropod dinosaur Sinosauropteryx are degraded collagen fibres, Proceedings of the Royal Society

vendredi 16 mars 2012

Le plumage iridescent de Microraptor

Avant-propos: Mon emploi du temps est pour le moins chargé (bon d'accord en fait je suis vraiment surchargé) aussi mes messages de ce printemps seront moins nombreux et plus courts. Néanmoins j'espère avoir le temps avant cet été de pouvoir traité d'un fascinant sujet concernant nos amis les Crocodiliens. Mais d'ici là revenons sur le sujet exprimé par le titre du présent message.
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Vous vous souvenez peut-être du fameux dinosaure à plumes nommé Microraptor n'est-il pas? Eh bien voici que ce dernier fait partie des dinosaures à plumes dont la couleur du plumage a pu être reconstitué [1]. Le plumage de Microraptor semble avoir eu plumage noir iridescent avec des reflets bleutés.


Reconstitution de Microraptor vêtus d'un plumage noir iridescent. Le plumage du fossile de Microraptor analysé devait donc être similaire à celui du Quiscale Bronzé dont voici un photo en bas à droite de la présente image.

Après avoir reconstitué les couleurs du plumage d'Anchiornis et de Sinosauropteryx, Microraptor entre donc dans le prestigieux «club» des dinosaures à plumes dont les couleurs sont au moins partiellement connues. Vous noterez également le magnifique état de conservation du fossile dont les plumes ont été analysé.



Il n'est pas nécessaire de répéter encore et toujours à quel point l'image que nous nous faisions il n'y a encore pas si longtemps, des dinosaures a changé depuis. Tout comme il n'y a pas besoin de répéter à quel point il est fascinant de pouvoir connaître au moins en partie, la couleur de certains dinosaures. Cependant je me demande si certains paléo-artistes ne risquent pas d'être quelque peu frustrés car ne pouvant plus se laissé leur imagination déterminé la couleur des dinosaures qu'ils représentent dans leur magnifiques reconstitutions, rigueur scientifique oblige! Cependant que nos amis les paléo-artistes se rassurent Microraptor, comme Anchiornis et comme les autres dinosaures ainsi nommés, représentent en réalité des genres particuliers de dinosaures. Genres qui se subdivisaient peut-être (probablement) en plusieurs espèces dont la couleur du plumage pouvait variée d'une espèce à l'autre. Il suffit à ce titre d'observé la diversité en matière de couleur du plumage entre les espèces contemporaines d'oiseaux appartenant au même genre pour se faire une idée sur la question. Alors qui sait peut-être que la reconstitution de Microraptor ci-dessous demeure correct, même si ne correspondant pas aux couleurs du fossile récemment analysé.



En espérant que de nombreux autres dinosaures à plumes seront retrouvé et dont les couleurs seront elles aussi révélées.

Référence:

vendredi 10 février 2012

Comprendre les Haplogroupes du Chromosome Y

Avant Propos: Le présent message peut-être associé à ma précédente réponse aux fadaises qu’un racialiste a jugé bon de retranscrire sur son blog.

Que sont les haplogroupes du chromosome Y?

Les Haplogroupes du chromosome Y sont définit par une série d’allèles situés sur la partie non-recombinante du chromosome Y. Pourquoi la partie non-recombinante du chromosome Y? Justement parce qu’elle ne se recombine pas avec des séquences du chromosome X. Et donc comme le chromosome Y ne se transmet que de père en fils, la partie non recombinante de celui-ci est très pratique pour en déterminer une phylogénie à travers le monde et donc de retracer les lignées patrilinéaires afin de déterminer, par exemple, l’origine géographique de l’ancêtre masculin commun de l’ensemble des chromosomes Y (aussi appelé «Adam Chromosomique») actuels via les haplogroupes formés par ces derniers Pour le comprendre observons le schéma suivant.

Un ancêtre patrilinéaire commun nommé ici «Adam Chromosomique». Cet ancêtre patrilinéaire commun est donc porteur du dernier ancêtre commun des chromosomes Y. Cet «Adam Chromosomique» a eu deux fils qui perpétueront la lignée de leur chromosome Y respectif, chacun de leur côté. L’un des fils ou l’un de ses desendants, est porteur d’une mutation nommée «MBD» dont tous les descendant masculins seront donc à leur tour également porteurs. Ces derniers forment alors l’haplogroupe HBD. Les descendant du «fondateur» de l’haplogroupe HBD accumuleront également des mutations sur leur chromosome Y qui pourra donc être à l’origine de nouveaux haplogroupes, ici les haplogroupes HB et HCD, qui eux-mêmes pourront se subdiviser en d’autres haplogroupes et ainsi de suite. Notons que certains haplogroupes sont donc des sous-ensembles d’autres haplogroupes plus vaste, le tout formant un arbre phylogénétique selon une distribution hiérarchique. Nous noterons par exemple que les membres de l’haplogroupe HD, appartiennent à l’haplogroupe HCD qui comprend lui-même l’haplogroupe HC. Plus généralement les haplogroupes HB1, HB2, HC, HD1 et HD2 appartiennent tous à l’haplogroupe HBD.

Il est nécessaire cependant de bien se rappeler que les haplogroupes du chromosome Y ne nous renseignent pas sur l’ensemble des ascendances composant une population ou un individu. Par exemple l’haplogroupe de votre chromosome Y peut révéler que vous avez une ascendance Nord-Européenne alors que l’ADN mitochondriale ainsi qu’une partie non-négligeable de votre génome peut pointer vers une origine Est-Africaine. Néanmoins les haplogroupes du chromosome Y nous informent sur une partie des ascendances et en cela permet d’inférer sur certaines migrations ayant eu cours durant la préhistoire ou même durant les temps historiques.

Ainsi la phylogénie ainsi que la distribution des haplogroupes du chromosome Y à travers le monde peut nous renseigner sur certains mouvement de populations durant la préhistoire. En fait en effectuant une reconstruction cladistique des différents embranchements définis par les haplogroupes du chromosome Y, l’on peut même déterminer l’origine géographique probable de «l’Adam Chromosomique» de l’humanité. Pour mieux comprendre ce dernier point observons un arbre phylogénétique des haplogroupes du chromosome Y ainsi qu’une carte de la distribution de ces derniers à travers le monde.

En dessus l’arbre phylogénétique des haplogroupes en dessous leur distribution à travers le monde. L’embranchement de l’haplogroupe A est le plus basale et est présent essentiellement en Afrique. L’haplogroupe B est le deuxième plus base et s’enracine selon toute vraisemblance lui aussi en Afrique. Puis le digramme signale la mutation M168 à l’origine de tous les autres haplogroupes. L’haplogroupe E est un des haplogroupes les plus basaux de l’embranchement défini par la mutation M168, et il est présent de manière prépondérante en Afrique. Puis vient l’embranchement F lui aussi divisé en de multiples haplogroupes qui eux sont rares en Afrique mais distribués dans le reste du monde (diagramme tiré de P.A. Underhill (2003) [1].

Gardons en tête le diagramme et la carte présentés ci-dessus et ajoutons à ceux-ci le diagramme suivant.
Nous reconnaissons ci-dessus les divers haplogroupes du précédent diagramme et de la précédente carte avec cependant l’attribution de noms aux haplogroupes se subdivisant eux-mêmes en plusieurs sous-haplogroupes. Par exemple les haplogroupes G, I, J, L, T, H font tous partie de l’haplogroupe F qui lui-même est l’un des sous-ensembles de l’haplogroupe CT qui lui-même est un sous-ensemble de l’haplogroupe BT et ainsi de suite.

Nouveaux éléments sur les haplogroupes

Il faut toutefois noter que les cartes et diagrammes présentés ci-dessus sont des simplifications de la réalité. En effet généralement plusieurs mutations génétiques s’avèrent nécessaire pour définir un haplogroupe car on ne peut écarter le fait que des mutations ponctuelles se produisent plusieurs fois aux mêmes endroits et ainsi faussent les reconstructions cladistiques précédemment mentionnées. Aussi pour pallier à ce problème on identifie plusieurs mutations génétiques par haplogroupe. Par exemple l’Haplogroupe CT n’a pas été déterminé par la seule mutation M168, mais également par d’autres mutations tels que les dénommés P9.1 et M294. Voir TM. Karafet et al (2008) [2].

C’est d’ailleurs en prenant un nombre encore plus important de variations génétiques qu’une récente étude a permis de faire quelques corrections concernant l’arbre phylogénétique du chromosome Y. Cette étude a certes confirmé l’enracinement africain de l’arbre phylogénétique en question, elle a par exemple confirmé que l’existence et l’enracinement de l’haplogroupe BT (et probablement celui de l’haplogroupe CT qui est un sous-ensemble de l’haplogroupe BT) se trouve bel et bien en Afrique. Cependant l’étude en question a abouti à quelques corrections concernant l’haplogroupe A. En effet la dite étude réalisée par Fulvio Cruciani et al (2011) [3], montre que l’haplogroupe A défini par Karafet et al, est paraphylétique et donc n’existe pas vraiment sachant que certains embranchements de l’haplogroupe A sont en réalité davantage apparentés à l’haplogroupe B qu’à d’autres embranchement de l’haplogroupe A (voir image ci-dessous).

À droite l’arbre phylogénétique des haplogroupes du chromosome Y de TM. Karafet et al (2008). À gauche l’arbre phylogénétique du chromosome Y corrigé par F. Cruciani et al (2011). Nous noterons que hormis de changer la position phylogénétique de certains embranchements, cette étude donne une estimation plus ancienne du dernier ancêtre patrilinéaire commun (ou Adam Chromosomique). F. Cruciani et al estimant celui-ci a 140'000 ans. Cependant les premières sorties d’Afriques des chromosomes Y ancestraux, demeurent estimées à nettement moins de 100'000 ans, compatibles avec d’autres données, notamment l’ADN mitochondriale, pointant également vers une ou plusieurs sortie(s) du berceau africain, relativement récente(s).

Cette étude de F. Cruciani et al s’avère au final avoir deux implications importantes. La première étant l’âge attribué à «l’Adam Chromosomique». Alors que de précédentes études lui donnait un âge étonnamment récent (aux alentours de 60'000 ans), F. Cruciani et al l’estime à 140'000 ans! Cette plus grande ancienneté de l’Adam Chromosomique étant intéressante car davantage en concordance avec les données de l’ADN mitochondriale qui lui aussi se serait diversifié en Afrique entre 200'000 et 100'000 ans et lui aussi indiquant une sortie d’Afrique largement plus récente qu’il y a 100'000 ans [4]. Certes les estimations du dernier ancêtre patrilinéaire commun (données par le chromosome Y) n’a pas à concorder parfaitement avec celle du dernier ancêtre matrilinéaire commun (donné par l’ADN mitochondrial). Mais le fait est que les deux nous amènent à penser à une diversification initiale en Afrique de notre espèce suivie d’importantes vagues d’expansion hors d’Afrique relativement récentes. Et chose intéressante des analyses de séquences du génome à proprement parler, sont également en concordance avec ce scénario [5] [6].

Le deuxième point important de l’étude de F. Cruciani et al, est celui de l’enracinement géographique probable de l’arbre phylogénétique des haplogroupes du chromosome Y. En effet nous l’avons vu F. Cruciani et al ont corrigé le positionnement phylogénétique d’embranchements jusqu’alors considérés comme faisant partie d’un haplogroupe A monophylétique, et démontré que les dits embranchements étaient davantage apparenté à ceux de l’haplogroupe BT. Or chose intéressante les résultats de l’étude de F. Cruciani aboutissent à la mise en avant d’un embranchement basal (l’embranchement A1b du précédemment diagramme) montrant que l’origine géographique probable de l’Adam chromosomique ne serait pas à rechercher au Sud-Est de l’Afrique mais plutôt dans une étendue allant du Nord-Ouest de l’Afrique à l’Afrique centrale. Bien évidemment les auteurs restent prudents en raison des migrations qu’il y a pu y avoir au sein du continent africain durant la préhistoire.

Dans tous les cas il apparait très peu probable que l’Adam Chromosomique ait vécu ailleurs qu’en Afrique compte tenu du fait que les clades les plus basaux et de leur séparations les uns des autres pointent tous vers le continent africain.

Débats autour de l’origine géographique d’un haplogroupe

Nous l’avons vu «l’Adam Chromosomique» a selon toute vraisemblance vécu en Afrique. Cependant certains généticiens et paléoanthropologues ont à juste titre pensée que si d’importantes sorties d’Afrique de l’homme modernes s’étaient produites relativement récemment (c’est-à-dire nettement plus récentes que 100'000 ans), il est tout aussi possible qu’après être sorties d’Afrique certaine de ces populations humaines soient retourné sur le continent d’origine. C’est dans cette optique qu’un débat c’est ouvert sur l’origine géographique d’une mutation nommé YAP. Cette Mutation est l’une de celle définissant l’haplogroupe DE (voir diagramme ci-dessous) et il y eu plusieurs échanges de spécialistes pour savoir si cette mutation est apparu sur le continent Africain et a donc précédé l’expansion hors d’Afrique de l’ancêtre des chromosomes Y non-africains actuels. Ou si à l’inverse la dite mutation est apparu après une première sortie du continent africain puis se serait ensuite massivement répandu en Afrique suite à un retour en Afrique des populations porteuses de la mutation YAP.

Arbre phylogénétique des principaux haplogroupes du chromosome Y. L’haplogroupe DE comporte deux sous-ensemble, à savoir l’haplogroupe E principalement distribué en Afrique et l’Haplogroupe D principalement distribué en Eurasie.

À ce jour il n’existe pas de certitude sur cette question. Certains ont pensé que la mutation YAP devait être apparue hors d’Afrique car également associé à l’haplogroupe D dont l’origine et la localisation actuelle semblent clairement asiatique. De plus une étude initiale semblait indiquer que l’haplogroupe E fréquent en Asie, serait un sous-ensemble de l’haplogroupe D apparue en Asie et donc indiquerait d’importants retours en Afrique [7]. Cependant de nouvelles analyses montrèrent au final que l’haplogroupe E n’est pas un sous-ensemble de l’haplogroupe D. En réalité l’haplogroupe D et l’haplogroupe E forment tous deux l’haplogroupe DE qui est justement définit, entre autre, par la mutation YAP [8]. Cela remet donc en question l’origine asiatique de la mutation YAP. Et en donc en sachant que l’haplogroupe E qui lui est largement présent en Afrique (et très peu en Eurasie), n’est pas un sous-ensemble de l’haplogroupe D, cela signifie que le scénario le plus parcimonieux est celui d’une apparition de la mutation YAP en Afrique. D’autres éléments entourant la mutation YAP et l’haplogroupe DE ont continué d’alimenté le débat. Néanmoins aujourd’hui il apparait que le scénario le plus parcimonieux est que la mutation YAP ait eu lieu en Afrique et a donc précédé de peu la sortie d’Afrique ayant contribué à l’ensemble des haplogroupes du chromosome Y des populations non-africaines actuelles [9].

Carte de la distribution de l’haplogroupe E. On remarque que ce dernier est très fréquent sur quasiment tout le continent africain mais peu présent ailleurs.

En conclusion nous pouvons simplement dire qu’à ce jour le scénario le plus parcimonieux est que la mutation YAP soit apparu en Afrique. Mais donc dans l’hypothèse où celle-ci serait apparue en Asie il faudrait donc simplement en conclure que peu après une importante sortie d’Afrique certaines populations humaines sont retournées en Afrique. Car quelques soit l’origine de l’haplogroupe DE (définit par la mutation YAP), celui-ci est un sous-ensemble de l’haplogroupe CT qui est lui-même un sous-ensemble de l’haplogroupe BT s’enracinant clairement dans le continent africain. Mais donc le fait que les premières sorties d’Afrique ait été suivit de retour en Afrique (il y a probablement moins de 50'000 ans) est tout à fait plausible et même probable et cela même si la mutation YAP est apparu en Afrique, car tous les retours en Afrique même récents n’ont pas forcément laissé leur trace dans les haplogroupes du chromosome Y. Par ailleurs la présence de l'haplogroupe R à des fréquences relativement élevées dans certaines régions d'Afrique subsaharienne (notamment au Cameroun) témoigne probablement de migrations relativement récentes en provenance d'Eurasie dans ces régions. D’autres données issues de l’ensemble du génome sont nécessaires pour en savoir encore davantage sur ces retours en Afrique .

Conclusion:

Les haplogroupes du chromosome Y nous permettent de déterminer de manière assez fiables certaines ascendances des populations humaines actuelles et de ce fait représentent un indice précieux dans la détermination de l’origine géographique de notre espèce. Bien évidemment comme déjà dit au début de ce message, le chromosome Y ne peut nous donner qu’une vision très parcellaire des diverses ascendances des populations modernes. Nous l’avons vu dans deux messages précédents (ici et ici) que l’analyse du génome à proprement parler, nous montre une contribution génétique limité, mais non négligeables, d’ascendances Néanderthalienne pour l’ensemble des populations non-africaines [10] + quelques ascendances provenant d’une autre lignée d’hominidés archaïques pour les populations mélanésiennes [11] (et qui concernent peut-être même les populations Est-Asiatiques [12]).

Mais donc les haplogroupes du chromosome Y montrent clairement l’existence d’une ou plusieurs importante(s) sorties hors d’Afrique il y a moins de 100'000 ans (même largement moins que 100'000 ans). Et ces données fournies par les haplogroupes du chromosome Y concordent avec celles de l’ADN mitochondriale mais aussi celles du génome dans son ensemble. Tous pointant vers une importante expansion de l’homme moderne hors d’Afrique il y a moins de 100'000, tous relevant par ailleurs la très grande diversité génétique de l’Afrique subsaharienne par apport à celle du reste du monde, cette dernière étant pour l’essentiel qu’un sous-ensemble d’une diversité génétique essentiellement africaine.

Références:

[1] P.A. Underhill (2003), Inferring Human History: Clues from Y-Chromosome Haplotypes, Cold Spring Harbor Symposia on Quantitative Biology

[2] Tatiana M. Karafet et al (2008), New binary polymorphisms reshape and increase resolution of the human Y chromosomal haplogroup tree, Genome Resaerch

[3] Fulvio Cruciani et al (2011), A Revised Root for the Human Y Chromosomal Phylogenetic Tree: The Origin of Patrilineal Diversity in Africa, American Journal of Human Genetics

[4] Pedro Soares (2009), Correcting for Purifying Selection: An Improved Human Mitochondrial Molecular Clock, The American Society of Human Genetics

[5] Michael C. Campbell and Sarah A. Tishkoff (2008), African Genetic Diversity: Implications for Human Demographic History, Modern Human Origins, and Complex Disease Mapping, Annual Review of Genomics and Human Genetics

[6] Sarah A. Tishkoff and al (2009), The Genetic Structure and History of Africans and African Americans, Science

[7] M.F. Hammer et al (1997), The Geographic Distribution of Human Y Chromosome Variation, The Genetics Society of America

[8] P.A. Underhill et al (2001), The phylogeography of Y chromosome binary haplotypes and the origins of modern human populations, Annals of Human Genetics

[9] Peter A. Underhill and Toomas Kivisild (2007), Use of Y Chromosome and Mitochondrial DNA Population Structure in Tracing Human Migrations, Annual Review of Genetics

[10] Richard E. Green et al (2010), A Draft Sequence of the Neandertal Genome, Science

[11] David Reich et al (2010), Genetic history of an archaic hominin group from Denisova Cave in Siberia, Nature

[12] Pontus Skoglunda and Mattias Jakobssona (2011), Archaic human ancestry in East Asia, Proceedings of the National Academy of Sciences

Ultimate Racialist Bullshit

Ce message est une réponse à une ineptie racialiste particulièrement énorme que l’on doit à un mystérieux spécimen répondant au nom de Richard D. Fuerle. Ce spécimen a en effet pondu un caca «livre» nommé «Erectus walks amongst us» dans lequel il affirme grossomodo que l’homme moderne et plus généralement le genre humain, est apparu en Eurasie et que c’est en quittant l’Eurasie pour l’Afrique que ces populations humaines se seraient métissés avec des primates africains étroitement apparenté aux chimpanzé pour données naissances aux populations africaines actuelles. Cette «théorie» de Richard D. Fuerle lui servant au final à dire que les africains sont plus simiens, plus proches du chimpanzé que les eurasiens et donc ainsi soutenir d’anciens préjugés raciaux aussi stupides qu’abjects.

Je n’avais pas pensé à répondre aux délires du dénommé Richard D. Fuerle tellement ceux-ci sont stupides et probablement le fait d’un bonhomme passablement atteint sur le plan de la santé mentale (il suffit de lire sa prose sur les blanches qui se font «féconder par d’autres races» pour s’en rendre compte). Je n’avais non plus pas pensé à répondre aux retranscriptions dans la langue de Molière des délires de Fuerle. En effet un raciste répondant au pseudo de Meng Hu a jugé bon de retranscrire en français non sans passion, les «idées» de Fuerle, (à ce titre je remercie l’autre raciste décérébré qui m’a communiqué le blog du dénommé Meng Hu).

Richard D. Fuerle (à gauche) accompagné de son disciple Meng Hu (à droite).

Mais alors que je rédigeais un message sur les haplogroupes du chromosome Y, je me suis souvenu d’une des nombreuses bouffonneries du dénommé Richard D. Fuerle, qui concernait justement les haplogroupes du chromosome Y. C’est alors que j’ai fait un crochet sur le blog de Meng Hu et où j’ai pu, hormis me remémorer les délires de Fuerle, constater à quel point de dénommé Meng Hu était un cas désespéré ne captant lui non plus strictement rien aux thématiques et publications qu’il citait, y compris donc en ce qui concerne les haplogroupes du chromosome Y.

Alors bon je me suis finalement décidé à faire une petite mise au point à l’attention de Meng Hu, sur l’idiotie de ses propos (et de sa personne) en revenant justement sur cet exemple spécifique du chromosome Y. Et pourtant Dieu sait que ce n'est de loin pas la seule bouffonnerie susceptible d'être mise en avant dans ce pavé de conneries retranscrit par le dénommé Meng Hu.
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Salut Meng Hu ça va?

Bon je ne vais pas m’attarder davantage en insipides formules de politesse pour attaquer directement le beefsteak si tu veux bien.

Tu es un raciste qui s’est amusé à retranscrire de manière détaillée la diarrhée thèse d’un certain Richard D. Fuerle. J’ai déjà lu de nombreux étrons écrits racialistes, mais alors ceux de Fuerle c’est le pompon! Il faut dire Meng Hu que lorsque j’avais lu (en diagonale je l’avoue mais cela m’a amplement suffit) ta retranscription de «l’œuvre» de Fuerle sur ton blog, je m’étais bien marré. Ce qui m’a fait marrer n’était pas tant les habituels excréments racistes que l’on connait (notamment ceux consistant à rapprocher les noirs des singes) mais surtout le «scénario évolutif» neuneu nommé «Out of Eurasia».

En effet un des éléments centraux de la chiasse thèse de Fuerle étant que les africains n’aient jamais quitté leur continent autrement qu’en tant qu’esclaves déportés de force en Eurasie puis plus tard en Amérique. Fuerle rejetant totalement l’idée que l’homme moderne ait pu apparaitre en Afrique pour ensuite quitter cette dernière et coloniser l’Eurasie et le reste du monde (cela allant de pair avec le racisme viscéral du bonhomme). Il faut dire mon cher Meng Hu qu’après avoir lu ta retranscription de la crotte thèse de Fuerle je n’ai bien évidemment pas penser à répondre à la dite «thèse» tant elle atteint des sommets niveau connerie et tant j’ai mieux à foutre de mon précieux temps que de consacrer celui-ci à tous les pavés de conneries pondu par des zozos racistes qui débitent tout n’importe quoi sur le Net…..

Néanmoins alors que j’étais en train de rédiger le prochain message de mon blog consacré aux haplogroupes du chromosome Y je me suis souvenu d’un point particulier de ta retranscription de la bouse thèse de Fuerle.
Mais avant tout mon cher Meng Hu je me permet de citer un échange que tu avais eu avec une personne trouvant à juste titre la merde thèse de Fuerle ridicule à souhait.


babar John: “Ceux sur la “théorie” de fuerle qu’il a nommée Out of Eurasia sont de loin les plus ridicules selon moi.”
Meng Hu: Je vous souhaite bonne chance pour lancer un commentaire sur la centaine de références citées. Et n’allez surtout pas croire que s’attaquer à la Section 4 revient à réfuter la Section 3 : celle qui réfute directement Out of Africa.

Ce commentaire de ta part m’a beaucoup amusé Meng Hu car il me rappelle ceux d’un créationniste qui me disait un peu-près la même chose avec l’Atlas de la Création de Harun Yahya. Tu penses bien que s’amuser à réfuter point par point de pareils pavés de conneries n’est pas à la portée de tous, car hormis avoir du temps libre à ne plus savoir qu’en foutre il faut aussi être sacrément maso pour perdre son temps à lire et à réfuter dans les détails les pavés délirants issus d’on ne sait quel taré.

Néanmoins alors que je rédigeais mon billet sur les haplogroupes du chromosome Y, je me suis décidé de revenir sur un point particulièrement amusant de la soit disant «réfutation» de «Out of Africa» par Richard D. Fuerle. Et c’est aussi amusant par apport à toi mon cher Meng Hu, car cela démontre également ton ignorance crasse en matière de génétique (et plus généralement en matière de paléoanthropologie) ainsi que ta capacité à gober n’importe quelle connerie à partir du moment qu’elle va dans le sens de tes préjugés raciaux à deux roupies. Mais bon aller trêve d’avant-propos et allons dans le vif du sujet en revenant sur ta retranscription des propos de Richard D. Fuerle concernant le chromosome Y.

Parallèlement, l’ADN du chromosome Y est transmis par la lignée masculine et nous montre où les hommes voyageaient. Il ne raconte pas exactement la même histoire, étant donné que les hommes ont beaucoup plus exploré que les femmes. Les hommes se déplaçaient souvent vers de nouvelles terres sans leurs femmes, ensuite, ils s’accouplèrent avec des femmes indigènes, de sorte que leurs descendants avaient l’ADNmt des natifs et l’ADN du chromosome Y des explorateurs.

La carte ci-dessus montre la répartition mondiale des différentes variations du chromosome Y. La quantité de chaque couleur dans les cercles est proportionnelle au nombre d’hommes dans cet endroit qui avait la variation indiquée par cette couleur. On note que l’olive, la couleur majeure en Afrique, apparaît à l’extérieur de l’Afrique, mais seulement autour de la Méditerranée, ce qui suggère que les africains n’ont pas migré hors d’Afrique, sauf en tant qu’esclaves emmenés dans ces zones. Le rouge vif et le bleu foncé sont uniques à l’Afrique, ce qui suggère également qu’il n’y avait pas de migrations hors d’Afrique. Ces variations peuvent avoir été apportées en Afrique par les hominoïdes primitifs (section IV), qui se sont éteints ailleurs, mais dont l’ADN-Y persiste encore en Afrique.
Les couleurs européennes orange et jaune indiquent que des hommes européens vivaient dans le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, la Géorgie de l’ex-URSS, l’Inde, l’Asie du Sud-Est, l’Australie et l’Amérique du Nord (les hommes en orange et jaune peuvent avoir été les membres d’une seule population). Le vert est la couleur dominante dans les Amériques, et les petites quantités de vert dans l’Ancien Monde indiquent leurs origines en Asie de l’Ouest, migrant par la suite vers le nord de l’Inde et le sud de la Sibérie et, éventuellement, les Aïnous au Japon.
Du fait des grandes quantités de rose dans l’est de l’Asie, on pourrait s’attendre à d’importantes quantités de rose dans les Amériques, mais elle n’est pas là, ce qui suggère que les asiatiques en rose ne sont pas enclins à beaucoup explorer et que moins d’évolution s’est produite chez les asiatiques en rose que chez les européens en orange et jaune. Meng Hu


Dis-moi Meng Hu, à ton avis sur une échelle de 1 à 10 quel est le degré de débilité de ta présente prose sur les variations du chromosome Y? Personnellement je dirais 100 ou 101 et encore je suis gentil!

Il faut dire que seul un ignare aurait pu lire de manière aussi stupide naïve la carte de répartition des haplogroupes du chromosome Y. Et toute personne ayant été quelque peu familiarisée en ce qui concerne les haplogroupes en question, sait que la présente carte ci-dessus est insuffisante pour comprendre comme il se doit la question des haplogroupes des différentes populations humaines. Mieux lorsque l'on se réfère à l'étude originale de P.A. Underhill et al (2001) [1] dont est issue cette carte on s'aperçoit que le dit Richard D. Fuerle l'a sorti de son contexte en omettant le diagramme qui va avec (voir image ci-dessous)!

Ci-dessus la carte issus de l’étude de Underhill et al (2001) [1], accompagné comme il se doit du diagramme qu’a (volontairement?) omit Richard D. Fuerle. Ce diagramme est un arbre d’apparentement (phylogénétique) des différents haplogroupes du chromosome Y. Si l’on prend l’ensemble des embranchements représentés en couleur olive, on remarque que ces derniers appartiennent à un plus grand embranchement auquel appartient également les haplogroupes de couleur bleu clair. Mais ce dernier embranchement appartient également à un embranchement encore plus vaste réunissant également tous les embranchement de droite (allant de V à X). Mais ce grand embranchement appartient à un embranchement encore plus grand réunissant également les embranchements représentés en bleu foncé. Ce plus grand embranchement étant lui-même un sous-ensemble d’un embranchement encore plus vaste comprenant également les embranchements en rouge tout à gauche du diagramme.

Une fois la carte de répartition des haplogroupes remise dans son contexte on remarque que les divers embranchements sont des sous-ensembles d’embranchements plus vastes. Nous obtenons donc un véritable dendrogramme dont les embranchements les plus basaux ainsi que la localisation de ces derniers, peuvent nous permettre d’estimer l’origine géographique probable du dernier ancêtre patrilinéaire commun aussi parfois appelé «Adam chromosomique». Le but étant donc de savoir où s’enracine l’arbre en question.

Mais vu que tu ne comprends probablement toujours pas le Schmilblick mon très cher Meng Hu, je te conseille de te référer à ce message où j’explique plus en détail la manière dont on définit les haplogroupes du chromosome Y et quels enseignements peuvent-être tirés de ces derniers.

Et c’est d’ailleurs en lisant le message en question que tu t’apercevras que la carte cité par Richard D. Fuerle, montre exactement le contraire de ce que celui-ci prétend! Car les haplogroupes en rouges et en bleu sont les plus basaux de l’arbre d’apparentement des haplogroupes. Cela signifie que l’arbre s’enracine en Afrique et que l’ensemble des haplogroupes non-africains témoignent en réalité de migrations en provenance du continent africain. De plus nous parlons de sorties relativement récentes. Par exemple l’embranchement contenant l’ensemble des haplogroupes à l’exception des haplogroupes rouges tout à gauche, représente à lui seule l’haplogroupe BT. Si l’on se réfère à une estimation ancienne attribuée à cet haplogroupe, nous avons une date de 75'000 ans Cruciani et al (2011) [2]. Et donc cet haplogroupe BT s’enracinant clairement sur le continent africain, celui-ci témoigne donc de sorties d’Afrique largement plus récentes qu’il y a 75'000 ans!


Distribution hiérarchique des haplogroupes. Les embranchements (haplogroupes) A, A1a-T, A2-T, et BT, s’enracinent clairement sur le continent Africain. Certains pensent que l’haplogroupe DE aurait pu apparaitre en Eurasie suite à une première sortie du continent africain (sortie qui aurait eu lieu il y a moins de 100'000 ans) puis se serait répandu en Afrique suite à un retour sur le continent africain de certaines de ces populations humaines. Selon ce dernier scénario l’haplogroupe E, très commun en Afrique, serait donc le fruit d’importants «retours» sur le continent africain de populations humaines dont les ancêtres avaient récemment quitté ce dernier. Ce scénario est tout à fait plausible. Cependant le scénario le plus parcimonieux et que l’haplogroupe DE soit apparu en Afrique (voir mon message consacré aux haplogroupes du chromosome Y).

Note mon Meng Hu, l’haplogroupe E c’est l’haplogroupe couleur olive représenté sur la carte de répartition géographique des haplogroupes que tu avais commenté. Et c’est via cette carte qui montre la répartition de l’haplogroupe E, que Richard D. Fuerle (et toi-même) affirme que les africains n’auraient jamais quitté leur continent autrement qu’en tant qu’esclaves importés de force en Eurasie.

La débilité de l’affirmation de Richard D. Fuerle, est donc ici maximale sachant que l’haplogroupe E, à l’instar des divers haplogroupes eurasiatiques, sont tous des sous-ensembles d’haplogroupes plus vastes (par exemple de l’haplogroupe BT largement plus récent que 100'000 ans) et s’enracinant en Afrique.

Par ailleurs le plus croustillant c’est quand dans la section IV du «dossier» que tu as consacré aux immondices idées de Richard D. Fuerle sur ton blog tu cites des publications dont tu ne captes manifestement que pouic! En effet dans cette section IV tu cites trois extraits d’article sensés validés une «origine eurasiatique» des Khoisans et probablement par là-même constitué un élément de preuve à la déjection thèse «Out of Eurasia» de Richard D. Fuerle. Seulement voilà il y a deux bouffonneries problèmes majeurs dans cette «présentation».

Premièrement le fait que les Bushmen puissent être issus d’un mélange entre des populations humaines restées en Afrique et d’autres effectuant un retour en Afrique depuis le Proche-Orient, n’est pas un élément de preuve de la chiure théorie «Out of Eurasia» telle que présentée par Richard D. Fuerle, sachant que l’on parle simplement ici, au mieux, de populations humaines relativement récemment sortie d’Afrique qui y seraient retournés en se mélangeant avec des Homo sapiens qui eux n’ont pas quitté le continent africain.

Deuxièmement mon Meng Hu, force est de constater que tu ne comprends pas ou pire encore, ne lis pas les sources que tu cites. Démonstration avec les extraits suivants que tu as posté…..

Phylogeographic analyses suggest that a large component of the present Khoisan gene pool is eastern African in origin and that Asia was the source of a back migration to sub-Saharan Africa [...] sub-Saharan Africa is represented by a set of chromosomes that harbors the M207 and M173 mutations [...] The last scenario, that of a back migration from Asia to Africa, currently appears to be by far the most plausible. This is because most of the M9 haplotypes (the majority of group VII and VIII lineages, as well as some group IX and X lineages reported by Underhill et al. [2000]) have been observed only in Asia. Moreover, this possibility appears to be further supported by the recent finding of the UTY2+/M173- intermediate haplotype (Karafet et al. 2001) in central and northeastern Asia (the UTY2 marker in the study by Karafet et al. [2001] corresponds to M207 in the present study). (Cruciani et al., 2002)

Tu sais Meng Hu quand on en arrive à ne capter le quart du tiers d’une publication scientifique (ici une publication de Fulvio Cruciani et al (2002) [3]), il est préférable de s’abstenir de la citer comme démonstration de son point de vue! Dans cette citation tu as en effet coupé et mis ensemble divers extraits qui ne traitent pas directement de la même chose. En effet la première phrase que tu cites est issue de l'abstract et concerne de précédentes études émettant l’hypothèse qu’une partie des ancêtres des Khoisans auraient été des populations d’homme modernes ayant effectués une migration retour en Afrique depuis le Proche-Orient. Mais les autres extraits (issue de la même étude) que tu as cité ci-dessus, ne concernent pas les Khoisans! En effet les extraits sur les mutations M207 (UTY2) et M173 concernent en réalité un haplogroupe que l’on nomme aujourd’hui Haplogroupe R et plus spécifiquement Haplogroupe R1. Et l’étude que tu cites, explique clairement que cet haplogroupe se trouve fréquemment dans une région aux alentours du Nord du Cameroun et non pas chez les Khoisans! De plus l’haplogroupe R est relativement récent (largement plus récent que 50'000 ans) et donc sa présence dans la région traduit simplement des vagues migratoires récentes largement ultérieures à l’apparition de l’homme moderne, dont les haplogroupes plus anciens nous montrent des sorties d’Afrique des populations d’homme modernes.

Mais le plus amusant est qu’après avoir cité cette source sans la comprendre tu en cites à nouveau une autre que tu présentes toujours dans le cadre de la «démonstration» d’une origine asiatique des Khoisans…..

… the possibility that YAP haplotype 3 originated in Asia and migrated to Africa. This hypothesis is supported by the finding of high frequencies of haplotype 3 in some Asian populations (i.e., ~ 50% in Tibet) and by the observation of higher levels of diversity (based on the number and frequency of alleles at the DYS19 microsatellite locus) associated with Asian versus African haplotype 3 chromosomes. Because YAP haplotypes 4 and 5 evolved from haplotype 3 and account for the majority of Y chromosomes in Africa (table 1), this hypothesis implies a substantial Asian contribution to the African paternal gene pool (Hammer et al. 1997). (Altheide & Hammer, 1997)

Là c’est sûr et certain Meng Hu, ni toi ni Richard D. Fuerle ne captez quoi que ce soit de la thématique que vous abordez! Car voilà le présent article de Altheide & Hammer, (1997) [4] est contredite par l’étude de Fulvio Cruciani et al (2002) [3] que tu avais cité juste avant. En effet dans l’étude de Fulvio Cruciani et al (2002) [3] on peut lire ceci:
An ancient human back migration from Asia to Africa had already been proposed by Altheide and Hammer (1997) and Hammer et al. (1998, 2001), on the basis of nested cladistic analysis of Y-chromosome data. They suggested that the presence of YAP_ chromosomes in Africa was due to such an event, but this has recently been questioned by Underhill et al. (2001b) and Underhill and Roseman (2001), primarily on the basis of the Asian-specific YAP_ subclade that neutralizes the previous phylogenetic inferences. Thus, the only evidence of a migration from Asia to sub-Saharan Africa that is fully supported by Y-chromosome data relies, at least for the moment, on the finding of haplogroup IX chromosomes in Cameroon. (Cruciani et al., 2002)

Comment expliquer une telle omission de ta part et de celle de Richard D. Fuerle mon cher Meng Hu? Entre la malhonnêteté et la stupidité mon cœur balance…..

Et cela en ajoutant que la mutation YAP définit en réalité l’haplogroupe DE dont l’un des sous-haplogroupe n’est autre que l’haplogroupe E. Or tu te souviens Meng Hu, l’haplogroupe E c’est l’haplogroupe représenté en «couleur olive» dont tu affirmais que la répartition prouvait une absence de migration des africains hors d’Afrique autrement qu’en tant qu’esclaves déportés de force. Or sans le savoir tu balances une référence qui stipule que l’haplogroupe DE et de ce fait l’haplpogroupe E, serait orignaire d’Asie….. Bref Richard D. Fuerle et toi-même vous enfoncez dans des auto-contradictions et incohérences pour le moins énormes. Preuve mon cher Meng Hu que tu ne lis pas les références ou que tu ne piges strictement rien aux références auxquelles tu te réfères!

Mais surtout que l’origine géographique de la mutation YAP soit africaine ou asiatique cela ne change rien au fait que l’arbre phylogénétique du chromosome Y montre clairement une expansion humaine hors d’Afrique il y a moins de 100'000 ans! L’haplogroupe DE définit par la mutation YAP n’en demeurant pas moins un sous-ensemble d’haplogroupes plus vastes enracinés en Afrique. Tout cela étant donc en réalité et en dépit des délires de Richard D- Fuerle, une démonstration d’une expansion de l’homme moderne à travers le monde à partir du continent africain!

Et ce genre de conneries de ta part Meng Hu est d'autant plus croustillante lorsque l'on sait que tu reproches à d'autres de ne pas lire les sources du dénommé Richard D. Fuerle.

Sérieusement, vos posts me renforcent dans l’idée que vous n’avez pas lu le livre et la centaine de références citées, ni même les sections 1 et 2 contrairement à ce que vous prétendez. Je fatigue. Diable, que vais-je faire de vous ? Meng Hu

Arf, arf, arf, et donc mon Meng Hu que dois-je déduire concernant ta petite personne? Que tu n'es même pas foutu de capter les références que tu cites? Ou alors pire que tu ne les lis pas toi-même? En tout cas merci de confirmer que tu n'es qu'un imbécile inconséquent qui reproches à d'autres une stupidité dont tu fais toi-même preuve à tour de bras!

Et donc voici un bon conseil Meng Hu, avant de jouer le petits donneurs de leçons suffisants commence par te trouver un cerveau en état de marche car le tient est de toute évidence périmé et/ou hors service. Après et seulement après tu comprendras peut-être pourquoi la sélection de publications à dessein (ici à dessein idéologique et plus exactement raciste) est une stratégie aussi idiote que malhonnête sur le plan intellectuel (c’est d’ailleurs également la stratégie favorite des créationnistes).

Il faut dire que le résultat de pareille «démarche» est toujours le même à savoir un patchwork d’affirmation fallacieuses, s’appuyant sur des extraits de publications qui sont soit boiteuses (et ce n’est pas cela qui manque en Science), ou alors soit correctes, mais non comprises par la tête de nœud qui en citent des extraits qui sorties de leur contexte, entrent dans la catégorie «Quote Mining». Richard Fuerle et donc toi-même Meng Hu, entrant tous deux dans cette dernière.

Mais donc Meng Hu comment expliquer pareilles faussetés, auto-contradictions et démonstrations d’ignorance dans les textes de Richard D. Fuerle? Comment peux-tu toi-même faire preuve de pareille stupidité en retranscrivant ceux-ci?

La réponse à cette dernière question est évidente pour toute personne qui sait distinguer un texte scientifique d’un ramassis de conneries idéologiques! En effet qui serait assez con à part quelques gogols comme Meng Hu pour prendre comme référence scientifique un texte où l’on peut lire ceci?

Today, white men in the military fight all over the world, but they do not fight for the one thing that is most important to the survival of their kind – who impregnates their women. They not only condone the impregnation of white women by other races, they not only facilitate it, they actually celebrate it! Richard D. Fuerle

Putain j'ai vraiment failli m'étrangler de rire en lisant cette prose. On parie combien que la tension du dénommé Richard D. Fuerle monte dangereusement lorsqu’il croise une jolie blonde accompagnée d’un noir?

Mais donc je ne vais quand même pas commenter l’ensemble des inepties racistes venant de crétins décérébrés même pas foutus de capter les publications auxquelles ils se réfèrent (et encore je pars de l’idée généreuse voulant qu’ils aient lu les dites publications). Ainsi Meng Hu pour l’ensemble tes inepties racistes tels que celle-ci…
Le bien le plus précieux que les blancs possèdent, c’est leur génome. Ils peuvent perdre des territoires et des richesses, mais si leur génome est intact, ils peuvent survivre et récupérer tout ce qu’ils ont perdu. Si leur génome est souillé, il n’y a plus de retour possible. Meng Hu
...je me contenterai de te répondre par ceci...


Références:

[1] P.A. Underhill et al (2001), The phylogeography of Y chromosome binary haplotypes and the origins of modern human populations, Annals of Human Genetics

[2] Fulvio Cruciani et al (2011), A Revised Root for the Human Y Chromosomal Phylogenetic Tree: The Origin of Patrilineal Diversity in Africa, American Journal of Human Genetics

[3] Fulvio Cruciani et al (2002), A Back Migration from Asia to Sub-Saharan Africa Is Supported by High-Resolution Analysis of Human Y-Chromosome Haplotypes, American Journal of Human Genetics

[4] T K Altheide and M F Hammer (1997), Evidence for a possible Asian origin of YAP+ Y chromosomes, American journal of Human Genetics

dimanche 22 janvier 2012

Dinosaurs of a Feather

Brian Switek

Le mois dernier j'avais publié un message sur le nouveau livre du BANDit Alan Feduccia. J'y avais bien évidemment souligner le fait que ce dernier n'avait de toute évidence aucun élément probant pour continuer à nier l'origine dinosaurienne des oiseaux et que donc son livre à venir serait probablement lui aussi vide de tout argument digne de se nom.

Or récemment l'excellent Brian Switek a publié sur son blog une revue du livre d'Alan Feduccia. Et comme je pouvais m'en douter Alan Feduccia ne semble effectivement rien à apporter d'autre que sa mauvaise foi pour continuer à nier l'origine dinosaurienne des oiseaux au mépris des multiples découvertes de dinosaures à plumes de ces quinze dernières années.

À ce titre j'en profite pour vivement recommander les deux blogs de Brian Switek à savoir Laelaps et Dinosaur Tracking.

lundi 2 janvier 2012

Deinonychus, un «oiseau de proie» du Crétacé?

Dans mes précédents messages j'ai eu l'occasion de parler de multiples dinosaures à plumes, y compris d'un clade de redoutables prédateurs à savoir le clade des Deinonychosauriens, comprenant lui même le clade des Dromaeosauridés, comprenant lui même le redoutable Deinonychus (voir arbre phylogénétique ci-dessous).

Arbre phylogénétique des Cœlurosauriens. En (18) nous avons l'embranchement des Deinonychosauriens et en (20) celui des Dromaeosauridés au sein duquel se trouve Deinonychus. Notons que cet arbre phylogénétique est susceptible de subir quelques modification pour plus de détail concernant ce dernier point vous pouvez vous référez à ce précédent message.

En 1969 déjà le célèbre paléontologue John Ostrom montra que Deinonychus possédait des caréctéristiques aviennes troublantes [1]. Et alors que l’apparentement des Dromaeosauridés avec les oiseaux devint certain dès les années 2000, l’on aurait pu penser, après avoir souligné que les Dromaeosauridés avait un système respiratoire hautement similaire à celui des oiseaux [2], qu’on ne pouvait guère être davantage surpris sur l’étonnante ressemblance qu’arborait cette catégorie de dinosaures avec nos amis à plumes contemporains.

Et pourtant Que nenni! Il semble que bien d’autres similitudes aviennes attendent d’être reconnue au grand jour chez ces animaux à plumes aujourd’hui disparus.

En effet une équipe de chercheurs vient de publier une étude sur l'anatomie de Deinonychus.

Cette étude revient sur l'anatomie de Deinonychus pour tenter de comprendre comment Deinonychus ainsi que les autres Dromaeosauridés comme Vélociraptor, chassaient et tuaient leurs proies.

Reconstitution de Deinonychus antirrhopus


La conclusion des chercheurs est élégante et remarquablement cohérente à la fois. Les Dromaeosauridés (Deinonychus, Dromaeosaurus, Vélociraptor, etc, etc.....) tuaient probablement leurs proies de la même manière que les oiseaux de proie actuels.

En effet les Droameosauridés possédaient en guise de deuxième orteil un doigt rétracté ne touchant pas sol surmonté d'une griffe en forme de faucille. Lorsque les Dromaeosauridés capturaient une proie ils pouvaient ainsi planter violemment leur griffe dans celle-ci.


Mouvement de la griffe lors de la capture de la proie

Cependant comment cela se passait-il dans les faits? Car même si la griffe des Dromaeosauridés est impressionnante elle n'aurait de loin pas forcément suffit à tuer la proie! Or c'est en comparant les Deinonychus aux oiseaux de proie actuels comme les Aigles que les chercheurs ont compris comment très probablement ces animaux disparus capturaient leurs proies et les tuaient. Et comme un image vaut souvent mieux qu'un long discours voici à quoi la capture d'une proie par un Deinonychus devait ressembler.

Deinonychus et les autres Dromaeosauridés devaient probablement sauter sur leurs proies puis immobiliser celles-ci à l'aide de leur puissante griffes (A) notamment de leur faucille du deuxième orteil qu'ils devaient violemment planté dans le corps de leurs victimes (B). Puis ils rabattaient leur membres antérieurs sur les côtés de la proie pour l'immobiliser (G). Ils pouvaient également battre des membres antérieurs à la manière des oiseaux de proies actuels pour se maintenir en équilibre sur une proie qui devait se débattre (F), les membres antérieurs emplumé servant donc à se maintenir en équilibre et à mieux maintenir la proie en place . Puis alors une fois la proie bien maîtrisée le Deinonychus n'avait plus qu'à commencer à la dévorer et si nécessaire à l'achever avec sa mâchoire (H).

Cette stratégie de chasse est parfaitement compatible avec l'anatomie de Deinonychus et des autres Dromaeosauridés. Car ceux-ci n'avaient en effet pas une mâchoire robuste, mâchoire dont la pression lors de la morsure n'était probablement pas suffisante pour que ces animaux s'attaquent à des proies en tentant de les chopper directement avec leurs gueules. En fait comme les oiseaux de proies actuels, dont la mâchoire a également une puissance limitée, les Dromaeosauridés devaient donc généralement capturer leurs proies via leurs membres postérieurs. Les membres antérieurs eux ne servant pas à déchiqueter la proie mais simplement à maintenir celle-ci et permettant au Dromaeosauridés de demeurer en équilibre sur sa proie. Une fois que cela fut fait il ne restait plus qu'à achever et à dévorer la proie en question.

Cette nouvelle étude sur Deinonychus a deux implications sur notre connaissance au sujet des Dromaeoasuridés et plus généralement des Deinonychosauriens.

La fin d’un «mythe»?

Tout d’abord cela pourrait remettre en question une «scène de chasse» bien connu des spécialiste des dinosaures à savoir celle d’une meute de Deinonychus attaquant un Tenontosaurus (dinosaure herbivore Ornithischien nettement plus grand que Deinonychus) comme le montre l’image ci-dessous.



En effet cette «scène de chasse» se base sur le fait que l’on a retrouvé à deux reprise, un fossile de Tenontosaurus entouré de plusieurs squelette de Deinonychus. Cela ayant poussé certains paléontologues à spéculer sur un possible témoignage de Deinonychus chassant en meute un Tenontosaurus. Or comme l’a souligné le paléontologue Andrea Cau, il est davantage probable que ces fossiles ne témoignent en réalité que de Deinonychus jouant les charognards sur un Tenontosaurus déjà mort.

Car ce que l’étude précédente souligne comme d’autres avant elle, c’est que Deinonychus n’était guère un prédateur muni par exemple, d’une mâchoire solide, arme généralement nécessaire pour s’attaquer à de grosses proies. De plus la méthode de chasse attribuée à Deinonychus par l’étude en question, tendrait à démontrer que les dits Deinonychus ne pouvaient pas s’attaquer à des proies considérablement plus grosses qu’eux.

Cependant il ne faut non plus pas là aller trop vite en besogne, car comme le souligne Ed Yong, Deinonychus pouvait peut-être s’attaquer à des proies relativement grandes. De plus on ne peut guère exclure le fait que Deinonychus chassait en meute à partir de cette étude.

Un indice sur l’origine évolutive du vol des oiseaux?

L’autre point important de cette étude sur les modalités de chasse de Deinonychus est ce que ces dernières pourraient nous fournir comme indice sur l’origine du vol des oiseaux. Comme cela a été vu plus haut les auteurs de l’étude ont conclu que Deinonychus et par extension les autres Dromaeosauridés, capturaient et tuaient leurs proies à la manière des aigles actuels. Et cette similitude dans la manière de capturer leurs proies comprenait également la manière de battre ses membres antérieurs pour se maintenir en équilibre sur la proie pendant qu’ils la serraient dans leurs membres postérieurs via notamment sa fameuse griffe en forme de faucille (voir l’image précédente). En effet cette technique de chasse est encore couramment employé par les oiseaux de proie actuels. Ci-dessous une vidéo d'un Épervier d'Europe (Accipiter nisus) usant de battements d'ailes pour se maintenir en équilibre et ainsi maintenir sa proie entre ses griffes.




Or selon les auteurs de cette étude ce mode de chasse consistant à user de ces membres antérieurs comme outil d’équilibrage via le battement de ceux-ci pourrait constituer une sorte de «prélude évolutif» au vol battu des oiseaux!

Bien évidemment les auteurs de l’étude sont conscient du fait que Deinonychus est un cousin et non l’ancêtre des oiseaux actuels. Tout comme ils sont conscients que les oiseaux ont du évolué à partir de dinosaures théropodes certes similaires à Deinonychus mais également probablement beaucoup plus petits et peut-être (probablement) pas avec une griffe en faucille hypertrophiée comme celle que possédait Deinonychus et les autres Dromaeosauridés. Mais donc les auteurs de l’étude affirment que les ancêtres communs des oiseaux et de Deinonychus pratiquaient déjà se mode de prédation avec battements des membres antérieurs pour maintenir la proie en place, ce mode de vie aillant donc pu selon les auteurs mener une partie de cette lignée de dinosaures ancestraux sur le chemin du vol battu.

Bien évidemment cette thèse de l’origine du vol des oiseaux via le battement des membres antérieurs pour maintenir une proie en place demeure extrêmement spéculative. Car autant l’étude de l’anatomie de Deinonychus et le mode de prédation attribué à ce dernier par les auteurs de cette étude, demeure des plus élégante et crédible. Autant leur hypothèse évolutive faite à partir de ces premières conclusions demeure sujette à caution.

Mais donc toujours est-il que cette étude nous montre que les redoutables Dromaeosauridés comme Deinonychus, Dromaeosaurus, Vélociraptor et bien d’autres encore, était probablement très similaires dans leur mode de chasse, aux rapaces actuels, en dépit du fait qu’il ne savaient pas voler.

Plus les découvertes et les recherches s’accumulent plus les dinosaures à plumes nous sembles proches des oiseaux. Si le fait de dire que les oiseaux sont des dinosaures peut changer la perception qu’ont certains de la gente avienne, ce serait plutôt la perception de bon nombre de dinosaures qu’il faudrait changer. Vous vous souvenez du sale gosse du début du premier film de la série des «Jurassic Park» disait que le Vélociraptor c’était juste comme une grosse dinde?


Eh bien devinez quoi le gosse n'avait pas tout à fait tort bien au contraire!

Références:

[1] John Ostrom (1969), Osteology of Deinonychus antirrhopus, an unusual theropod from the Lower Cretaceous of Montana, Peabody Museum of Natural History Bulletin 30: 1–165

[2] Jonathan R Codd, Phillip L Manning, Mark A Norell and Steven F Perry (2007), Avian-like breathing mechanics in maniraptoran dinosaurs, Proceedings of the Royal Society

[3] Denver W. Fowler et al (2011), The Predatory Ecology of Deinonychus and the Origin of Flapping in Birds, PLoS ONE